• Vive la malbouffe

Bon appétit !

On peut choisir de ne pas lire ce livre. Surtout si l’on est de tempérament inquiet ou paranoïaque. Car « Vive la malbouffe ! » est terrifiant. Impossible, après l’avoir refermé, de s’attabler sans se voir en Louis de Funès dans « L’aile ou la cuisse », forcé d’engloutir les plats cuisinés de l’usine Tricatel gorgés de substances chimiques aux noms barbares. Impossible aussi de continuer à avoir foi dans les « vertus nutritives » de quoi que ce soit.

Cinq fruits et légumes par jour ? D’accord, mais la moitié d’entre eux sont gorgés de pesticides. Le saumon est bourré d’oméga 3 ? Soit, sauf que ceux que nous consommons sont blindés de mercure, de PCB, de Prozac et de canthaxantine qui donne son teint orangé au saumon, mais attaque la rétine.

Et le vin rouge, bon pour les artères ? Sans doute, mais on y trouve des doses de pesticides 5 800 fois plus élevées que celles autorisées dans l’eau du robinet !

Sans oublier le porc à la salmonelle, les chips bourrées de sel et le poulet à l’eau de javel. Mais aussi les frites farcies d’acrylamide (une saleté cancérigène issue de l’amidon chauffé à haute température), la mayonnaise à l’huile de vidange ou le surimi qui décime les stocks de merlan bleu.

Le propos est enrobé dans un ton très Canard enchaîné (deux des quatre auteurs y sévissent). Après quelques nuits de cauchemars, on se décide à emporter sa loupe au supermarché pour traquer ces substances sur les étiquettes.

« Vive la malbouffe ! », de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet, Olivia Recasens et Wozniak. Hoëbeke éd. (2009), 192 p., 19 euros.

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