Cancer du sein, nouveautés et confirmations

Pas de répit pour les scientifiques qui, durant cet été, ont planché outre-Atlantique sur le cancer du sein pour présenter de nouvelles recommandations dans le cadre de sa prévention. Nous vous proposons une analyse de ces études en deux temps pour adopter les meilleurs gestes.

Pendant les vacances, les spécialistes se sont réunis pour passer aux cribles une série de questions sur le cancer et certaines maladies dégénératives. Une des études les plus intéressantes est une étude américaine1 qui a abouti à des recommandations dans le cadre de la prévention du cancer du sein.

 

Quoi de neuf ?

L’objectif des auteurs était de tester les substances chimiques de notre environnement pouvant augmenter le risque de cancer du sein. Ils ont ainsi dressé une liste de substances à éviter, notamment celles présentes dans l’essence et le gasoil, des particules dans les gaz d’échappement des véhicules, des retardateurs de flamme et d’autres produits ignifuges. Les détachants, les dissolvants et les décapants sont aussi pointés du doigt.
Ces recommandations sont parfois complexes à mettre en place et ne prennent pas en considération l’exposition aux xeno-œstrogènes (autrement dit les perturbateurs endocriniens tels que certains pesticides, les bisphénols ou encore les parabens). Mais elles ont le mérite de mettre en lumière des substances dont on ne parle pas assez.

 

Attention aux produits carbonés

J’ai déjà parlé dans un précédent article du rôle des grillades et des produits carbonés dans le cancer du côlon (PrS n° 68). L’étude américaine montre que ces produits augmentent aussi le risque de cancer du sein. Et elle met en évidence qu’au-delà de la consommation de grilla­des, leur inhalation au moment de la cuisson est également néfaste.

Retardateurs de flamme : plus toxiques, tu meurs

On en parle très peu et pourtant, ces produits ignifuges sont suspectés de favoriser plusieurs pathologies comme le cancer, mais aussi les allergies et les troubles hormonaux.

La fonction de ces produits est louable : en cas de surchauffe d’un appareil électrique ou de départ d’incendie, les éléments traités brûleront plus lentement, laissant le temps aux secours d’intervenir ou aux habitants de s’enfuir. Pendant longtemps, on a utilisé les PCB, beaucoup plus toxiques, comme retardateurs de flamme. Interdits depuis 1978, ils ont été remplacés par ces nouvelles substances, les plus à risque étant les produits bromés, chlorés ou halogénés.

Ces retardateurs de flamme font partie de ce qu’on appelle les polluants organiques persistants. Ils s’accumulent petit à petit dans l’organisme, en particulier dans les graisses. Ce sont des perturbateurs endocriniens et à ce titre, ils augmentent le risque de tous les cancers hormonodépendants, comme celui du sein et de la prostate. Pour la même raison, ils participent à la baisse de la fécondité observée depuis vingt ans. Comme tous les produits lipophiles, ils vont aussi perturber nos neurones et favoriser les troubles du comportement, surtout chez les enfants.

On trouve ces produits un peu partout dans notre environnement : dans les ordinateurs, les peintures des bâtiments publics, les télévisions, ou encore dans la composition de certains vêtements (surtout professionnels). Mais ce sont dans les mousses de polyuréthane servant à fabriquer les canapés et les matelas de qualité ordinaire que la présence de ces produits bromés présente un risque.

Le pire restant, pour ma part, ces matelas qui composent la majorité des lits des enfants et des canapés-lits.
Les mousses de polyuréthane étant hautement inflammables, la législation impose d’y adjoindre des retardateurs de flamme (ce ne sera pas le cas sur un matelas en vrai latex, car cette matière ne s’enflamme pas, il fond simplement). Nous passons près de huit heures par nuit rivés sur ces matelas, à les respirer, à les toucher. C’est probablement le lieu de plus grande contamination de l’organisme par ces ignifuges. Il est donc important de bien choisir son matelas.

Nous verrons le mois prochain ce qu'il en est des autres recommandations préconisées par cette étude.


1. R. Rudel, J. Ackerman et coll. « New Exposure Biomarkers as Tools For Breast Cancer Epidemiology », dans Environmental Health Perspectives (EHP).

 

Quid des recommandations ?

  • Limiter autant que possible l’exposition aux émanations d’essence ou de gasoil et aux gaz d’échappement des véhicules.
  • Utiliser une hotte de cuisine et réduire la consommation d’aliments carbonisés (barbecue).
  • Ne pas acheter de meubles (sofa, fauteuils…) contenant de la mousse de polyuréthane et s’assurer qu’ils n’ont pas été traités avec des retardateurs de flamme.
  • Éviter les tapis et autres tissus d’ameublement résistants aux taches.
  • Trouver un teinturier qui n’utilise pas de perchloroéthylène ou d’autres solvants.
  • Se procurer un bon filtre à charbon pour filtrer l’eau avant de la consommer.
  • Réduire l’exposition aux substances chimiques contenues dans la poussière de l’habitation en retirant ses chaussures à l’entrée de la maison et en utilisant un aspirateur doté d’un filtre HEPA à particules.