Le braconnage en mer, une arme de destruction massive

Ceci est une alerte rouge planétaire ! Les bateaux-usines pêchent chaque année une fois et demie le taux de reproduction de la faune marine. On a beau établir des réglementations internationales, les grandes sociétés de pêche s’assoient dessus et continuent leur carnage, l’immensité des océans étant leur meilleur atout.
 

Ce braconnage planétaire – le Japon en tête – représente le trafic mondial le plus lucratif après la drogue ; aussi les ONG l’élèvent-elles à juste titre au niveau de « crime contre l’humanité ». La technique la plus dévastatrice est celle des filets dérivants qui traînent sur une longueur de 20 km, alors que la réglementation la limite à 2,5 km. Or jusqu’à 70 % des prises non intéressantes (dont les dauphins, les tortues et autres) sont rejetés à la mer, bien sûr mortes par écrasement ou gravement blessées, ce qui entraîne un gâchis de 20 000 tonnes de poisson par an. On serait en droit de rêver à un « Nautilus » avec un capitaine Nemo bis qui passerait par le fond tous ces bateaux exterminateurs. Mais ne rêvons pas… Pendant ce temps, des millions de petits pêcheurs côtiers de pays pauvres n’arrivent plus à nourrir leur famille et sont poussés à se reconvertir dans des activités misérables… ou illégales. Mais, direz-vous, il reste la pisciculture ! Oui, elle coûte à la mer 20 000 tonnes de poissons de plus pour produire les farines animales destinées à nourrir les poissons carnivores d’élevage industriel tels les saumons, les bars et les daurades. Ces milieux concentrationnaires développent des maladies nécessitant des arrosages massifs d’antibiotiques et de produits chimiques dangereux, qui atterrissent dans votre assiette. Bonjour cancer !
Alors que pouvons-nous faire à cela ? Manger du poisson n’est pas une nécessité ; asphyxiez plutôt ce marché pourri en consommant des légumineuses (lentilles, petits pois, haricots, pois chiches) : il y a des tas de recettes succulentes qui coûtent dix fois moins cher. C’est ce que je fais depuis dix ans – et je me porte très bien !