Le nickel : « aussi pire » que le mercure

Parmi les métaux lourds qui nous empoisonnent la santé, on évoque souvent le mercure. On parle beaucoup plus rarement du nickel auquel nous sommes pourtant nettement plus exposés car on en trouve dans une multitude de produits d’utilisation quotidienne (pièces de monnaie, bijoux, lunettes, piercings…). Allergies cutanées, fibroses pulmonaires, pathologies cardio-vasculaires et rénales ou fatigue chronique en sont les conséquences.


La manifestation la plus visible de la présence nocive du ni­ckel dans notre environnement quotidien est l’explosion du nombre de cas de dermatites constatées chez les femmes ces dernières années. Les femmes sont pourtant, au même titre que les hommes, exposées quotidiennement au nickel par leur contact avec des objets familiers (bracelets de montre, anneau de ceinture, montures de lunettes, rivets de jeans…). Elles manipulent aussi, autant que les hommes, les pièces de un et de deux euros (qui ne contiennent pas moins de 25 % de nickel).

Bijoux et piercing

Mais, si le nombre de cas est bien plus élevé chez les femmes que chez les hommes, c’est du côté de leur goût plus prononcé pour les colliers, bagues, boucles d’oreille… qu’il faut se tourner et depuis peu, vers la vogue du piercing. Il semble en effet que cette mode constitue une voie de pénétration privilégiée du nickel dans le corps puisque la tige de fixation traverse les chairs. Le nickel est, par ailleurs, de plus en plus fréquemment, mis en cause dans les cas d’infertilité féminine. L’appareil reproducteur étant très sensible aux métaux lourds, est d’autant plus touché que la source de nickel est proche… comme dans le cas d’un piercing au nombril.

 

Le nickel atmosphérique

L’augmentation des dermatites de contact, stomatites de contact, parodontites, lichen-plan (dermatose) ou de résistance aux antibiotiques, dues au nickel et constatées médicalement, ne doit pas masquer le risque d’un développement de graves pathologies pulmonaires (fibrose pulmonaire) dues au nickel atmosphérique.

En effet, dans les grandes villes et les régions industrielles, la concentration de nickel atmosphérique (due aux cendres volatiles de la combustion du carburant et des déchets), peut atteindre jusqu’à 120-170 ng/m3 en comparaison des 6-17ng/m3 relevés dans les régions rurales.

Sources médicales

Il y a d’autres sources d’exposition au nickel, en particulier médicales. Il y a les prothèses contenant du nickel telles que prothèses orthopédiques, ponts dentaires, prothèses de valves cardiaques, fils de stimulateurs cardiaques, mais aussi – et toujours – les amalgames dentaires qui peuvent causer des perturbations immunologiques autour de ces implants. Par ailleurs, l’administration de médications contaminées par le nickel (albumine, produits de radiocontrast, produits d’hémodialyse) augmente également les risques d’exposition de manière significative.

Cancer et fibromyalgie

Parmi les plus graves conséquences induites par l’intoxication au nickel, il faut relever que les cancers respiratoires apparaissent dès que l’on est exposé à des concentrations de ni­ckel au-delà de 1 mg/m3. La volatilité et la lipo-solubilité du nickel lui permettent de pénétrer les membranes des cellules. Le nickel inhalé est rapidement absorbé par les poumons et entre dans les globules rouges. De façon générale, le comité du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) considère que l’implantation de nickel métallique doit être classifiée comme « probablement cancérogène pour les humains ».

Autre perspective inquiétante, l’allergie au nickel associée au syndrome de fatigue chronique (SFC) avec ou sans auto-immunité a été décrite pour la première fois par le professeur Stejskal en 1999, en examinant l’hypersensibilité aux métaux lourds chez des patients à pathologies diverses, compliquées de SFC et/ou fibromyalgie.

Ajoutons que l’inhalation de la fumée de cigarette et l’absorption du nickel présent dans l’alimentation contribuent largement aux SFC et aux douleurs musculaires.

Bloquer le nickel et l’évacuer

Des solutions simples existent pour stopper les effets toxiques et invalidants du nickel.

La solution se présente en trois temps :

  • Il faut dans un premier temps empêcher le nickel de se fixer dans l’organisme. D’autres métaux, en faible quantité et inoffensifs (magnésium, manganèse, zinc, fer), entrent en compétition avec le nickel qui circule dans l’organisme et viennent se fixer sur les récepteurs favoris du nickel l’empêchant ainsi de se fixer. 
     
  • ralentir l’oxydation qui endommage les cellules afin de ne pas les faire dégénérer en cellules cancéreuses.
     
  • se débarrasser du nickel déjà présent dans le corps.