Mercure: Ampoules basse consomma­­­­tion, attention à la casse !

Depuis le 1er septembre, il n’est plus possible d’acheter des ampoules à incandescence de 100 Watts. Elles ont été remplacées par les ampoules fluorescentes compactes (LFC) réputées être plus économes en énergie. Chacun sait que ces ampoules sont plus chères, que certaines d’entre elles ont « du retard à l’allumage » et que leur lumière blanche n’a rien d’agréable, même si c’est bon pour la planète…

Pourtant, plus le compte à rebours organisant le remplacement des ampoules classiques avance, plus on découvre les effets nocifs des ampoules fluocompactes. Elles émettent des champs magnétiques importants (voir Pratiques de Santé n° 81) et elles contiennent du mercure, agent polluant bien connu dont on a prouvé les nombreux effets délétères (cellules nerveuses, cerveau, rein…). Rappelons qu’en mars 1999 les thermomètres à mercure ont été interdits à cause, comme le précise le CHR de Lille, de « la dangerosité pour la santé du mercure qu’ils déversent quand, accidentellement, ils se cassent ».

Des vapeurs dans l’air

Certes les ampoules contiennent moins de mercure que les thermomètres (pas plus de 5 mg pour la nouvelle norme, contre 500 mg pour les thermomètres). Mais que se passe-t-il si on casse une ampoule basse consommation ? Nos autorités sanitaires restent muettes à ce sujet, mais l’Institut national de santé publique du Québec vient de faire le point sur différentes expériences scientifiques menées notamment aux États-Unis. Toutes montrent que, même à ces faibles niveaux de concentration, il ne faut pas réagir à la légère en cas de casse.

Les scientifiques ont d’abord constaté que les vapeurs de mercure qui se dégagent ne sont pas négligeables. Ils font état d’une libération de 20 à 40 % du mercure contenu dans l’ampoule, lequel aurait besoin d’une semaine au moins pour se volatiliser en totalité. De plus l’équipe de la Brown University (Rhode Island) a montré que la libération de mercure provenant d’une gouttelette – issue, par exemple, d’un thermomètre – est inférieure aux émanations gazeusesque l’on observe en cas de bris d’une ampoule basse consommation.

Par ailleurs, la concentration de mercure dans l’air a été mesurée : elle oscille entre 200 et 800 microgrammes par m3 pendant la première heure et reste à un niveau significatif pendant 4 jours, ce qui dépasse nettement les normes limites admises (la réglementation française du travail admet seulement 50 microgrammes par m3). Seul un protocole de nettoyage adéquat permettrait de ramener la contamination aux niveaux réglementaires. Pas vraiment rassurant… 

Que faire en cas de bris ?

• D’abord quitter la pièce pendant au moins 15 minutes après avoir ouvert les fenêtres.

• Ne pas utiliser d’aspirateur pour nettoyer. Il serait alors lui-même contaminé par le mercure.

• Ramasser les débris avec des gants et les placer dans un contenant hermétique puis évacuer l’ensemble (y compris le matériel de nettoyage) hors de la maison. Aérer la pièce plusieurs heures après le nettoyage.

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