Les dangers du surdiagnostic

Aujourd’hui de nombreuses campagnes nous incitent à pratiquer un dépistage systématique du cancer du sein, de la prostate, du colon, etc. Certes mieux vaut prévenir que guérir, mais cette démarche présente elle aussi des risques parfois plus importants que les bénéfices escomptés.

«Faites-vous dépister ! » c’est le nouveau refrain des autorités sanitaires. Un air qui n’est pas sans rappeler le « Faites-vous vacciner ! » et ses tristes conséquences. Sur ce terrain, le cancer est particulièrement bien « loti » et cette nécessité de faire monter en puissance le dépistage fait clairement partie des priorités du nouveau plan 2009-2013. À un rythme de plus en plus rapproché, les campagnes de dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du côlon, de la peau, se succèdent.

Or cette démarche n’est jamais simple, contrairement à ce que voudraient nous faire croire les pouvoirs publics. Premièrement, parce qu’il y a toujours des marges d’erreur sur les résultats de ce type d’examen. Deuxièmement, parce que certains dépistages peuvent avoir des effets secondaires. Troisièmement parce que le postulat – plus on soigne un cancer tôt, plus on a de chance d’en guérir – n’est pas vérifié. Et si notre propos n’est pas de nous opposer par principe au dépistage, il nous semble nécessaire que chacun ait conscience des limites et parfois des risques qu’il peut engendrer.

Commentaires (6)

Bonjour,
Suite au dépistage du cancer du sein un radiologue m'a trouvé un ACR4 et un ACR5 aux seins. Suite à cela j'ai eu droit à une mammographie plus poussée. Mon cas est passé en commission auprès de plusieurs spécialistes. A la suite de cela ils voulaient me faire un carottage à chaque sein. Grâce au supérieur du "mauvais" radiologue qui a examiné mon dossier il pensait que cela était des micro calcites et non un cancer et il m'a dit de tout arrêter pour l'instant car de toute façon un cancer n'évoluait pas à grande vitesse et m'a fait surveiller tous les 3 mois par une mammo, ce que j'ai fait. J'ai bien fait de l'écouter car ces micro calcites diminuaient en effet donc pas possible que ce soit des cancers.
Par contre la peur m'a valu un zona 4 mois plus tard. Si j'avais continué je ne sais pas où j'en serai mais par contre cela aurait rapporté beaucoup d'argent en examens, biopsies, etc à tous ces toubibs pour payer leur matériel coûteux telle que IRM, scanner, etc. Je trouve cela lamentable de faire peur aux gens de la sorte. C'est une vraie "mafia" ces médecins et chirurgiens, il sont tous de connivence entre eux !!!! Trouver un bon toubib pas intéressé par l'argent je crois que cela doit être rare de nos jours.

L'alerte du Dr Beauplé est très sérieuse. Le surdiagnostic consiste à prendre pour des cancers des lésions qui n'auraient jamais évolué comme une véritable maladie cancéreuse. Le dépistage multiplie les risques de surdiagnostic et donne l'illusion de l'effficacité des traitements. Comme le surdiagnostic est d'autant plus fréquent lorsque la lésion est petite, il cache les effets délétères de la biopsie et de la chirurgie: l'intrusion mécanique précoce dans une tumeur cancéreuse véritable accélère le risque de manifestation des métastases.
Le surdiagnostic transforme les pratiques des soignants en charlatanisme profitable au complexe médico-industriel. L'information de la population sur les faits prouvant les dangers du surdiagnostic est indispensable pour faire progresser les soins en conduisant des recherches rigoureuses. Le FORMINDEP vient d'annoncer un exposé-débat sur ce thème.
http://www.formindep.org

Il y a peut être de l'abus, mais ces dépistages ont sauvé mon père cancer du colon et une amie cancer du sein car le cancer si il est pris a temps, on peut en guérir ou du moins gagner des années.

Mon compagnon a été opéré à 59 ans d'un cancer de la prostate, il y a 5 ans après un taux de PSA trop élevé et une biopsie défavorable. Il est guéri mais à quel prix : il est devenu impuissant et il souffre d'incontinence intermittente malgré la pose d'une bandelette. Je ne sais pas comment le cancer aurait évolué mais ce que je sais, c'est que sa vie a changé, et pas en mieux, et la mienne aussi.

Bonjour,
Laisser la décision au patient !
Quand on avance que le cancer reste un mystère pour la science.
Mon mari a "choisi" l'opération de la prostate, sinon, attendre que la maladie se déclare rapidement ? ou à plus ou moins long terme ? C'est odieux.

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