Gardasil, cette piqûre est vraiment de trop

 

Depuis 2006, plus de 74 millions de doses de Gardasil ont été distribuées dans le monde. Sanofi Pasteur MSD, qui a mis au point ce vaccin censé protéger des papillomavirus, intensifie sa campagne de communication, alors que les effets secondaires sont de plus en plus nombreux.

 

Le vaccin anti HPV, présenté comme le premier vaccin contre le cancer et aujourd’hui distribué sous le nom de Gardasil, n’en a pas fini de nous faire croire au miracle. Le laboratoire Sanofi Pasteur MSD vient en effet de diffuser les résultats d’une étude australienne : selon le communiqué, le vaccin quadrivalent Gardasil permettrait de réduire significativement les lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les adolescentes et les femmes âgées de 12 à 26 ans. L’étude en tant que telle a une portée plus limitée : les auteurs ont analysé l’évolution de l’incidence des anomalies cervicales chez les adolescentes et les femmes avant et après introduction du programme de vaccination en 2007 en Australie. Ils ont constaté qu’après l’introduction de la vaccination, l’incidence des lésions précancéreuses du col de l’utérus chez les adolescentes de moins de 18 ans avait chuté de 0,38 pour 100 femmes dépistées.

Mais à aucun moment il n’est dit que l’on peut attribuer directement ces résultats au Gardasil ! Les auteurs n’ont d’ailleurs pas manqué d’ajouter qu’il sera nécessaire de croiser les données des registres de vaccination et de dépistage pour confirmer que cette observation écologique est bien due à la vaccination.

Ce nouvel épisode est un exemple de plus des informations tronquées ou biaisées, telles que les distille le marketing pharmaceutique des laboratoires depuis la mise au point du vaccin. Dans un livre récent édité en Suisse, un gynécologue et une journaliste nous donne tous les détails sur ce travail d’orfèvre en communication, qui n’hésite pas à dramatiser la dangerosité des papillomavirus humain (HPV) et à jouer sur la culpabilité des parents s’il le faut*.

Cette annonce arrive en tout cas à point nommé car même si le Gardasil a pu conquérir le statut de blockbuster, Sanofi doit désormais composer avec des sceptiques de plus en plus nombreux, voire carrément des personnalités médicales hostiles à la vaccination. En France, des gynécologues dénoncent l’ineptie de ce vaccin – le plus cher du monde. Mais surtout, les effets secondaires, les complications qui font suite aux injections prennent de l’ampleur. Car de la même façon que l’on n’a aucune certitude sur l’efficacité du vaccin – il faudra pour cela attendre au moins 2025 – de nombreuses inconnues existent quant au risque intrinsèque de la vaccination. Un rapport établi par l’organisation indépendante américaine Judicial Watch a signalé ainsi 3 589 effets indésirables dont 789 sévères débouchant même pour 213 d’entre eux sur une invalidité permanente entre mai 2009 et septembre 2010. En France, l’AFSSAPS a enregistré des effets graves comme des maladies auto-immunes mais refuse toujours d’établir un lien avec la vaccination.

Cela n’empêche pas Sanofi de claironner : « Les professionnels de santé et les autorités du monde entier (…) ont acquis une large expérience dans l’administration de Gardasil. » 

 

* Des dessous pas chics

Comment une découverte somme toute mineure a été transformée en un vaccin indispensable, qui figure dans les priorités des systèmes de santé du monde entier… C’est ce que raconte le livre « La piqûre de trop ». Les auteurs, partent des premiers travaux montrant le potentiel oncogène des HPV à la fin des années 1970 pour retracer les principales étapes de cette « success story » : bagarre pour les brevets, partage des marchés, extrapolation avantageuse des essais cliniques à la fin des années 1990, campagne de sensibilisation à tous les niveaux en utilisant les réseaux sociaux et les relais politiques, jusqu’à l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché – la plus rapide de l’histoire du médicament, y compris en France, et la prise en charge par la collectivité (remboursé à 65 %) dès juillet 2007, un an après son lancement.