Le trouble dysforique du lundi matin

 

Vous avez du mal à vous lever et à vous motiver? Vous êtes irritable, angoissé par ce début de semaine, vous sentez une baisse d’énergie, vous avez mal à la tête, vous vous sentez en repli social ? N’est-ce qu’une fatigue passagère ? Pas sûr ! Faites-vous dépister : vous êtes peut-être atteint de trouble dysforique du lundi matin (TDLM). Sachez qu’actuellement ce syndrome touche un adulte sur trois ; demandez conseil à votre médecin. Une solution existe : faites-vous prescrire Antiflemmix pour que le lundi matin ne soit plus un cauchemar !

Êtes-vous interpellé(e), convaincu(e) ? Eh bien ce n’était qu’une mauvaise blague qui a été faite sur France 3. 

Peut-être étiez-vous déjà prêt(e) à plonger dans ce piège utilisé couramment par Big Pharma, une technique de manipulation nommée « façonnage des maladies ». En fait les labos pharmaceutiques ont compris que, pour faire mousser leur chiffre d’affaires, il est plus rentable d’inventer des maladies aux troubles mal définis qui concernent une majorité de gens plutôt que des maladies réelles même si elles sont graves, mais ne concernant qu’un nombre limité de victimes. Aussi, comme Molière, ils cultivent la philosophie qu’il existe deux sortes d’individus : les malades et ceux qui ignorent qu’ils le sont. Du moins, c’est ce que l’on va s’appliquer à leur faire croire, soit en inventant des médicaments pour des maladies qu’ils n’ont pas, mais qui, eux, créent de vraies maladies, soit en restreignant officiellement certains critères de seuils de santé. Par exemple, le seuil d’analyse pour le diabète était 1,40 g/l de sang et, en 1997, il a été abaissé à 1,26 g/l ; résultat : 1,7 million d’Américains en plus catalogués diabétiques. Pour le cholestérol, le seuil est passé en 1998 de 2,40 à 2 g/l, ce qui a fait gagner d’un seul coup 42,6 millions de patients aux États-Unis… à droguer !

Pour vendre plus, il faut faire peur, fournir des études manipulées à l’AFSSAPS, effectuer un travail de séduction au niveau des cabinets médicaux (un budget annuel de 2 500 € est alloué par médecin pour l’influencer). Tout cela est tellement gros que le quidam moyen a du mal à le croire…