Personne ne veut savoir !

Ce mois-ci, j’ai envie de faire un petit récapitulatif. Dans le prolongement de l’édito du Principes de santé n° 60 et sachant qu’un projet de loi sur le statut des bêtes va être voté, rappelons que 80 % de l’élevage en France est pratiqué de façon intensive. 80 % des poules pondeuses ne voient jamais la lumière du jour, 82 % des poulets sont élevés dans des bâtiments clos et grandissent de façon accélérée, 90 % des cochons vivent confinés dans des bâtiments en béton et 99 % des lapins sont élevés en batterie, sans litière…

La gazelle qui finira dans l’estomac du lion ne subit pas, durant son existence, le triste sort réservé à la plupart des bêtes de boucherie. L’homme, dans sa cupide insensibilité, maltraite les animaux comme de la vulgaire marchandise. Un seul objectif : la rentabilité ! Rien n’est épargné : mutilations en règle, privation de luminosité naturelle, impitoyable concentration au m², gavage, absence de litière, immobilisation dans des barres de fer (truies), compléments alimentaires chimiques, voire OGM, hormones d’activation de croissance, antibiotiques à outrance… et transports longue distance dans des conditions épouvantables.

Selon un sondage pour le compte de l’association de protection animale L214, paru en 2013, 90 % des Français sont opposés à l’élevage intensif, bien qu’il permette de consommer de la viande à bas prix. Pour mettre fin à l’élevage intensif concentrationnaire, c’est aux consommateurs de rejeter tout produit non garanti issu du plein air en liberté (relative), ce qui impliquerait de payer la viande un peu plus cher. Ou, surtout, d’en réduire sa consommation (tout le monde admet qu’on en mange beaucoup trop).

Prétendre à une santé durable en se régalant de viande martyrisée relève d’une coupable désinvolture qui a maintenant peu de chance d’être exaucé dans le cadre de la nouvelle conscience planétaire. Le genre humain ne peut prétendre aux yeux de l’univers à aucune respectabilité, aucune évolution profonde, tant qu’il ne veille pas à ce que soient assurés le bien-être des animaux et leur intégrité dans la dignité de leur programme biologique.
La cruauté entre humains ne cessera jamais tant qu’elle perdurera vis-à-vis des animaux.