Sanofi une belle jambe

Problème de mathématiques. Sachant qu’une boîte de Doliprane coûte 90 centimes. Sachant que le nouveau patron de Sanofi, Olivier Brandicourt, vient de palper 2 millions d’euros avant même de savoir où était son bureau. Sachant que le conseil d’administration lui promet deux autres millions s’il réussit à rester dans son fauteuil de P.-D.G (une fois qu’il l’aura trouvé) jusqu’en 2016. Sachant que son salaire s’élève à 1,2 million d’euros annuels avec une part variable de 3 à 4,2 millions annuels (là, le calcul se corse, c’était le piège) : combien de boîtes de Doliprane faudra-t-il vendre en une année pour pallier ces menues dépenses ? Tous à vos migraines, citoyens !

Et comme il faut bien soutenir notre hémi-fleuron national de l’industrie du médoc, on a eu droit en mars à une campagne de presse sur le thème de la pénurie de vaccins DTP (avec, en guise de sous-titre : « Qu’on se rassure, les hexavalents de Sanofi, eux, étaient bien dans les rayons »).

Certains politiques murmurent que Brandicourt aurait certainement pu se contenter d’un salaire de ministre. Lui ne se déplacera à son bureau que pour des émoluments de footballeur… le génie en moins. Et peut respirer : il y aura bien assez de malades pour subvenir à son appétit financier. Des malades qui, soyons quelque peu mesquins, n’ont pas été invités à sabrer le champagne.

Bien sûr, il y a des rabat-joie arborant les gilets de syndicaliste pour crier au scandale. Et que dire de ces salariés de chez Sanofi, qui, en février, étaient en grève depuis un mois ? Leur revendication ? Obtenir une augmentation, pardi ! Et de 120 euros par mois, qui plus est. Tout ça parce que Sanofi a généré 6,8 milliards de bénéfices en 2014. Et puis quoi encore ? C’est que le bas de laine du géant pharmaceutique s’est délesté de 3,7 milliards de dividendes distribués aux actionnaires. Mais comme le labo est altruiste, il a royalement proposé aux enragés qui tenaient le piquet de grève 50 centimes de hausse.

En attendant, gageons que ce n’est pas avec les lecteurs de Principes, qui, pour une grande partie, louent Dame Nature et son inépuisable éventail thérapeutique, que Sanofi trouvera de fidèles et zélés contributeurs au salaire de son nouveau P.-D.G.