Fibromyalgie : la maladie invisible ?

Les nouvelles techniques d’exploration du cerveau ont enfin permis de démontrer que la fibromyalgie était une vraie maladie. Et les fibromyalgiques pas du tout des malades imaginaires. De ce fait, même si le diagnostic reste difficile, la prise en charge de la maladie change et s’améliore. Tous ses aspects – douleurs musculaires, problèmes de sommeil, gestion du stress – doivent être pris en compte de façon globale.

Dossier réalisé avec le concours du Dr Bauplé et de Vittoria Siegel (conseil en médecine nutritionnelle)

 

La mise en évidence des altérations du fonctionnement cérébral qu’elle induit a donné à la fibromyalgie le statut de maladie authentique. Mais cette nouvelle approche reste toutefois confidentielle et mal connue des médecins. C’est pourquoi le chemin vers la guérison reste compliqué et nécessite un fort investissement de la part du patient.

La fibromyalgie doit être abordée comme un trouble complexe de la gestion de la douleur dont l’évaluation nécessite la compréhension du contexte familial et social. Puis un bilan spécifique, tant clinique (considération des autres plaintes : fatigue, troubles du sommeil, etc.) que complémentaire (imagerie fonctionnelle cérébrale, dosages des neurotransmetteurs), doit être établi. L’objectif principal du traitement d’une fibromyalgie débutante est d’éviter le cercle vicieux qui conduit à une aggravation de la maladie et à des complications. C’est pourquoi il ne faut pas commencer par les traitements allopathiques puisqu’il a été démontré que les traitements antalgiques et antidépresseurs sont mis en échec dans 90 % des cas. Pour éviter ce cercle vicieux, voici nos recommandations. Le traitement de la maladie doit passer par :
 

La prise en compte du stress ou du traumatisme

Que son origine soit ou non connue, le stress a induit l’état de fatigue voire d’épuisement. Trois questions doivent être posées aux malades systématiquement :

  • Quel traumatisme ou quel stress intense avez-vous vécu au cours des six mois précédents les premiers signes de la fibromyalgie ?
  • De quel traumatisme avez-vous été victime ou témoin involontaire pendant votre enfance (avant 8 ans) ?
  • Votre mère aurait-elle vécu un traumatisme grave ou un stress important pendant le temps où elle vous portait dans son ventre ?

La constitution d’un collège médical autour et avec le patient est indispensable : la parole du malade doit servir de base de réflexion aux différents médecins appelés à le soigner.

Des thérapies cognitives et comportementales, relaxation, sophrologie, massages, pourront être proposées. Certains experts recommandent même ces thérapies en première intention car, selon certaines études, elles seraient plus efficaces que tout traitement médicamenteux.

Retrouver une activité  physique, même mineure

Les douleurs occasionnées par la fibromyalgie amènent souvent le malade à cesser toute activité physique, voire à craindre tout mouvement et tout déplacement. Il faut absolument lutter contre cette tendance en employant, parfois, des stratagèmes simples :

  • Diviser en plusieurs étapes les tâches qui auparavant se faisaient d’une seule traite.
  • Faire chaque chose en conscience, c’est-à-dire lentement, en observant ce qui se passe aux niveaux physique, émotionnel et mental. Cela permet d’identifier quels sont les attitudes, les gestes et le rythme qui sont les meilleurs pour effectuer un travail.
  • Veiller à changer souvent de position.
  • Augmenter la dose d’efforts de façon progressive. Éviter les deux pièges habituels : s’interrompre ne serait-ce que le temps d’un week-end, ou abattre une lourde charge de travail parce qu’un jour, on se sent nettement mieux.
  • Pratiquer une activité de loisir chaque jour, selon ses goûts et le contexte. Sur le plan physique, on peut recommander des activités du type balnéothérapie, aquagym, programme de récupération physique personnalisé comprenant exercices aérobies et étirements doux.

Le premier recours : les médecines alternatives

- L’accompagnement psychique

Plusieurs thérapies alternatives présentent plus d’intérêt que les thérapies cognitives et comportementales. En particulier :

  • L’EMDR (mouvement des yeux, désensibilisation et retraitement de l’information), si le patient relie sa maladie à un traumatisme précis.
    thérapeutes EMDR
  • La gestalt-thérapie, qui permet de prendre conscience du processus psychologique en jeu.
    thérapeutes Gestalt-thérapie
  • Les constellations familiales font émerger à la conscience le souvenir enfoui et de rendre au passé ce qui lui appartient.
    thérapeutes Constellations familiales et systémiques
  • Ce processus de transformation des schémas de pensée peut être accéléré par la prise de remèdes floraux comme White Chestnut et Aspen.
  • Quelle que soit la thérapie utilisée, il est capital qu’elle soit couplée à la mise en place d’un projet de vie pour mieux exprimer ses besoins au sortir de la souffrance et de l’invalidité.
     

- Le stress

Le niveau de stress peut être considérablement réduit par la prise de compléments alimentaires riches en magnésium facilement assimilable par les neurones : D-stress (4 à 6 gélules par jour les six premières semaines, puis decrescendo) et lithium oligo-élément (1 ampoule sous la langue quelques minutes avant le petit-déjeuner et le dîner pendant un minimum de trois semaines).
 

- Le sommeil

Il peut être amélioré grâce à un des principes actifs de la bergamote (5-MOP) qui permet de recaler l’horloge biologique dans plus d’un cas sur deux. Prendre Calmium à raison de 4 gélules le soir  pendant plusieurs mois.

- La douleur

  • Elle peut être significativement améliorée par le biofeedback. Grâce à cette technique, le malade apprend à s’observer, à reconnaître les petits signes qui précèdent l’arrivée d’une crise et à la contrôler.
     
  • La recherche d’un déficit en magnésium ou/et en vitamine D est également indispensable. Rétablir les réserves de magnésium augmente le seuil de tolérance à la douleur et réduit la prise d’antalgiques d’environ 30 %. Il en est de même avec la vitamine D, surtout chez les femmes.
     
  • Pour les douleurs d’arthrose des mains on peut faire appel à la glucosamine, et au silicium organique. En phytothérapie, l’association curcuma - reine-des-prés se révèle également utile à la dose de 2 à 4 comprimés par jour. En application locale, on conseillera la Capsaïne (association de glucosamine, de chondroïtine et de capsaïcine extraite du paprika) : 1 à 2 frictions par jour.
     
  • Dans le cas de douleurs intenses que les antalgiques ne parviennent plus à soulager, il est possible d’employer un complexe composé à 90 % d’huile de périlla et 10 % d’huiles essentielles d’achillée millefeuille, de combava, de iary, de laurier et de gaulthérie. Ce complexe (Dol’Arôm), lorsqu’il est utilisé en complément d’un traitement morphinique permet de revenir à un traitement antalgique banal.
     

- La fatigue

  • Le Pygenol, extrait de l’écorce de pin des Landes, est un excellent remède contre la fatigue liée à la fibromyalgie. Pour un effet optimal, on commence par la dose de saturation (1 gélule pour 12 kg de poids) pendant deux mois, avant de diminuer les doses. À prendre pendant les repas.
     
  • Une association de magnésium (sous forme de sel soluble dans les graisses) et d’un complexe vitaminique B afin de relancer la production d’énergie.
     
  • La Coenzyme Q10 est indispensable à la synthèse musculaire et à la réduction des douleurs musculaires (100 mg par jour).
     

- La dépression

Il est recommandé de commencer par résorber le déficit en sérotonine (D-stress) avant de stimuler la production de la dopamine et de la noradrénaline (par la L tyrosine). Si elle sévit depuis plus de trois mois, la prise d’oméga 3 à longue chaîne (EPA, DHA : OGA3 concentré) est également indispensable.

La composante auto-immune

Il existe sans doute une composante auto-immune pour cette maladie qui pourrait s’expliquer par un dérèglement du système immunitaire associé à des facteurs environnementaux (pollutions) ou médicamenteux (vaccinations). Si l’adoption de ces régimes se traduit par une amélioration, on pourra encore en augmenter l’efficacité par la prise d’un immunomodulateur comme le Moducare associé à de l’EAP Ca, qui protège les cellules des agressions immunitaires.

Ce n’est qu’après avoir testé l’effet de ces diverses solutions naturelles que les malades qui pensent souffrir de fibromyalgie pourront envisager de se tourner vers la médecine allopathique.

 

Pour les fibromyalgies sévères

Beaucoup de patients atteints de fibromyalgie sévère, après avoir essayé plusieurs méthodes alternatives, ne voient pas d’autre solution que de se tourner vers la médecine officielle. Si tel est leur choix, voici les conseils qui peuvent les aider à minimiser les effets délétères de ces traitements.

 

Pour calmer la douleur

  • De tous les antalgiques habituels, le tramadol serait le plus efficace à condition d’être bien toléré. Plus la dose est importante, plus les risques de vomissements, de somnolence et de confusion mentale augmentent.
     
  • Les anti-inflammatoires n’ont théoriquement aucun intérêt dans cette pathologie. Cependant, il arrive qu’ils soient prescrits sous forme de cures afin de potentialiser l’effet des antalgiques.
     
  • Parmi les myorelaxants, seul le thiocolchicoside (Coltramyl, Miorel) peut être prescrit car il ne perturbe pas l’architecture du sommeil et il n’entraîne  pas de dépendance.
     
  • En cas de douleurs intenses, certains antiépileptiques sont parfois utilisés. Aujourd’hui, on prescrit de la prégabaline (Lyrica). Cependant, cette prescription est exceptionnelle car la posologie doit être élevée (entre 300 et 450 mg/j) pour qu’une certaine efficacité soit reconnue par seulement un peu plus d’un patient sur trois ! Les effets secondaires sont alors fréquents : somnolence diurne invalidante, baisse des capacités d’attention, de concentration et de réflexion, risque de dépendance physique.
  • Des infiltrations locales d’anesthésiant (lidocaïne) avec ou sans hydrocortisone sont pratiquées lorsque les douleurs deviennent invalidantes.

Pour traiter la dépression

  • Deux produits sont surtout utilisés, l’Élavil et le Prozac. Comme le premier a une action sur le sommeil et le second sur la fatigue, il est courant qu’ils soient associés : le Prozac le matin et l’Élavil le soir. Bien entendu, les effets secondaires de ces médicaments ne sont pas reconnus par la médecine officielle, mais les risques d’idées suicidaires ou de passage à l’acte en sont le principal danger.
     
  • Parmi les IRSN (inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline), le minalcipran (Ixel), la venlafaxine (Effexor) et la duloxétine (Cymbalta) sont encore à usage expérimental dans la fibromyalgie. Bien qu’ils aient une certaine action antalgique, ils sont surtout utilisés quand la fibromyalgie se complique de dépression. Les premiers résultats enregistrés avec le milnacipran sont une fois de plus modestes : au bout de 8 semaines, le sentiment de fatigue et l’intensité de la douleur ont été diminués respectivement de 22 % et 40 %.

 

Pour le sommeil

  • Non aux somnifères ! Quelle que soit leur classe, ils altèrent l’architecture du sommeil. Si vous vous tournez vers l’allopathie pour résoudre ce problème, demandez plutôt de l’amitryptiline (Élavil) ou un antihistaminique, l’alimémazine (Théralène) en dehors du glaucome.

 

Attention

Dans les formes sévères de fibromyalgie, de nombreux autres médicaments sont utilisés, souvent sans Autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Le patient s’expose alors au risque d’effets secondaires sévères.

Quant à ce qu’on appelle les traitements physiopathogéniques (qui agissent sur les mécanismes ayant provoqué la maladie), ce sont essentiellement l’hormone de croissance et deux antiparkinsoniens, le pramipexole (Sifrol) et le ropinirole (Requip). Des médicaments d’exception mais qui n’ont contre la fibromyalgie que des résultats médiocres.

• Pour en savoir plus, lisez l'article de Michel Dogna sur alternativesante.fr

 

Associations

• AFSFCF
51 rue Maurice-Molhant
59830 Bourghelles
Site : asso.nordnet.fr/cfs-spid

• Association Fibromyalgie SOS
Site : fibromyalgiesos.com

• FNAF
131 résidence Les Perles d’Azur
rue Hermand-Pujol
11210 Port-La-Nouvelle
Site : fnaff.free.fr

• Association FibromyalgieSOS
110 Rue Charles Le Bon
59650 Villeneuve d'Ascq
Tél : 0820 220 200 -   7j/7 de 10 h à 23 h
Mail : contact@fibromyalgiesos.fr
Site : www.fibromyalgiesos.fr
Forum : www.forum.fibromyalgiesos.fr

 

Clinique de soins spécialisés… au Canada

• Clinique PsychoPhysio
985 rue Saint-Joseph
Valcourt
Québec, J0E 2L0
Tél. : 00 1 450 532 2334

 

Laboratoires

• Complexe curcuma - reine-des-prés
Laboratoire LPEV
route de Chouvigny
03450 Ébreuil
Tél. : 04 70 90 61 40
Site : www.lpev.fr

 

• Calmium
Laboratoire Sofibio
28 bd Princesse-Charlotte
98000 Monaco
Tél. : 0800 91 56 41
0800 91 37 72
Site : www.sofibio.com

D-Stress, Pygenol, Coenzyme Q10G5Moducare
La Vie Naturelle

65 rue Claude Bernard

75005 Paris

Tél. : 0 800 404 600

Site : www.la-vie-naturelle.com 

Dol’Arôm

Salvia
L’Allée verte
85430 Aubigny
Tél. : 02 51 05 29 81
Site : boutique.salvia-nutrition.com