La Myothérapie pour soigner la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante

En considérant ces symptômes comme d’origine inconnue ou en les classant parmi les maladies auto-immunes, la médecine classique n’aborde la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante que sous l’angle génétique. Avec des espoirs de guérison bien minces… Il existe pourtant une autre constante à ces maladies : la contracture musculaire. En la traitant, on enraye ainsi le cercle vicieux de l’inflammation et de la douleur.

 

Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde ou de la spondylarthrite ankylosante est beaucoup moins compliqué qu’il n’y paraît. Il n’est complexe pour la médecine classique que parce que celle-ci ne comprend pas la cause de ces maladies. Ce qu’elle admet. Or on ne peut pas guérir une maladie dont on ignore la cause première.

De notre point de vue, basé sur l’observation, y compris celle de la guérison de nos patients, nous avons affaire dans ces symptômes à la rencontre d’un facteur inné, génétique (simple facteur prédisposant se traduisant par un terrain particulier) et d’un facteur acquis, mécanique (la contracture musculaire persistante provoquée par un traumatisme). Sans le facteur acquis, le facteur inné ne sera cause de rien. Sans le facteur inné, le facteur mécanique acquis se traduira éventuellement par de l’arthrose (sur ce sujet précis voir le n° 32 de Principes de Santé) ou de la fibromyalgie.

Sachant cela, on comprend qu’il n’est pas important de pouvoir agir sur l’inné – ce qui est impossible –, mais qu’il convient de guérir le facteur mécanique acquis : la contracture musculaire. C’est ce que vise la Myothérapie (ou Brachy-Myothérapie) qui, en agissant de façon mécanique, permet de traiter de façon relativement simple la plupart des maladies articulaires. Y compris la polyarthrite rhumatoïde (PR) ou la spondylarthrite ankylosante (SpA), bien qu’il s’agisse de rhumatismes dits inflammatoires.

 

Le facteur inné

C’est le seul aspect connu de la médecine classique, qui lui attribue de ce fait une importance démesurée. Résumons : la plupart des patients atteints de l’une ou l’autre des maladies dont nous parlons sont porteurs d’antigènes d’histocompatibilité de type HLA (human leucocyte antigens), c’est-à-dire des composantes du système immunitaire très spécifiques d’un groupe d’individus, dont on tient compte pour éviter le rejet des greffes. Il s’agit de HLA DR4 ou DR1 dans la polyarthrite rhumatoïde, et de HLA B27 dans la spondylarthrite ankylosante.

L’importance du facteur HLA est cependant très relative. Par exemple, dans la spondylarthrite ankylosante la présence de HLA B27 ne cause manifestement pas la maladie, mais elle la favorise : 20 à 30 % seulement des enfants HLA-B27 positifs et ayant des parents souffrant de SpA développeraient un jour cette maladie.

Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, la théorie officielle est que le terrain HLA favoriserait la fabrication d’anticorps particuliers (les facteurs rhumatoïdes), détectés par des tests plus ou moins spécifiques tels que le latex, Waaler-Rose ou ELISA. Les facteurs rhumatoïdes sont cependant absents dans plus d’un quart (près de la moitié, selon certains auteurs) des polyarthrites, et peuvent aussi être présents chez des sujets en bonne santé.

La présence fréquente de ces facteurs rhumatoïdes fait un peu hâtivement assimiler la polyarthrite rhumatoïde à une maladie auto-immune. Comme ce concept est très commode (d’autant qu’on admet ne pas en connaître la cause), cela évite de se poser plus de questions : la po­lyar­thrite rhumatoïde serait une fatalité génétique… Le patient fabriquerait des anticorps contre ses propres tissus, conception jamais scientifiquement démontrée. Le système immunitaire, qui est fait pour se défendre des agressions du monde extérieur, se retournerait contre le sujet lui-même et le détruirait ? Il semblerait que l’on s’écarte ici du facteur inné et que nous nous situions déjà à la confluence de l’inné et de l’acquis : il est plus vraisemblable que le terrain HLA ne fasse que favoriser une réaction inflammatoire exagérément importante et prolongée.

En fait, dans la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante le corps semble sur-réagir, de façon excessive donc, au stress mécanique articulaire provoqué par les contractures musculaires permanentes. Ne perdons pas de vue que l’inflammation est une réaction du corps au problème, et non la cause du problème. De plus, c’est cette inflammation qui va provoquer des réactions immunitaires et non l’inverse.

Le facteur acquis

Sans contracture musculaire persistante, on peut dire que la personne ne souffrirait tout simplement de rien, car il suffit de venir à bout de ce facteur acquis pour que toute la maladie soit guérie.

Faisons un bref rappel. Les muscles squelettiques, en plus de créer des mouvements et de maintenir des positions, protègent par leur contraction réflexe les articulations en cas de choc physique. Cette contraction est censée s’arrêter aussitôt après le choc. Or l’observation montre qu’en cas de traumatisme relativement important, cette contraction ne cesse plus : c’est la contracture, contraction involontaire permanente auto-entretenue de façon réflexe qui, une fois installée, ne cesse pas d’elle-même. On la retrouve des années après le choc.

Ce qui aura plusieurs conséquences : le muscle sera tôt ou tard douloureux. Et comme il traverse par définition une articulation, celle-ci sera ressentie comme douloureuse, les mouvements devenant plus ou moins limités. Qui plus est, le phénomène a tendance à se propager pour soulager la contracture primaire, en général située aux zones fragiles du point de vue musculaire (cou ou cheville, coccyx pour la spondylarthrite ankylosante). Plusieurs articulations peuvent dès lors devenir douloureuses. Les contractures tendent aussi à déformer les articulations (notamment celles des doigts ou des genoux). Ce qui, dans ces maladies, se complique par des réactions inflammatoires au sein de l’articulation comprimée par la contracture. L’articulation est chaude, encore plus douloureuse, plus ou moins rouge, plus ou moins gonflée par de l’œdème ou des épanchements. Les douleurs augmentent au repos, la nuit et au début des mouvements, mais elles sont ensuite soulagées par les mouvements. Typiquement, le malade se sent raide le matin au réveil, ce qui nécessite un dérouillage de durée variable. L’inflammation provoque bien sûr des réactions biologiques (que l’on retrouve dans de nombreuses autres maladies, y compris infectieuses).

C’est ici qu’intervient l’inné, ce terrain particulier détecté par la présence de facteurs HLA. Celui-ci semble prolonger de façon exagérée la réaction inflammatoire, qui tend à détruire l’articulation (de façon un peu différente d’ailleurs dans la polyarthrite rhumatoïde et dans la spondylarthrite ankylosante). Et ainsi l’inflammation durera tant que sa cause, la contracture, restera présente (dans l’arthrose, le terrain étant différent, l’inflammation s’épuise très vite : la douleur n’y est due qu’à la contracture).

À cause mécanique, traitement mécanique

La Myothérapie est la thérapie manuelle qui vise à traiter directement les contractures : et dès que celles-ci sont guéries par cette méthode, les réactions inflammatoires n’ont plus de raison d’être et cessent, de même que les symptômes dus directement aux contractures (douleurs et raideurs). On y parvient bien sûr plus ou moins vite selon l’ancienneté de la maladie.

Notons que, dans la mesure où le syndrome inflammatoire articulaire peut être caractérisé énergétiquement comme une stagnation de Yin, nous préconisons souvent (surtout en début de traitement), une normalisation de la circulation de l’énergie par des moxas sur des points spécifiques, par la méthode d’Acu-AnMo.

On voit donc que le facteur inné, génétique, fait que les contractures post-traumatiques persistantes vont se manifester sous forme de polyarthrite rhumatoïde ou de spondylarthrite ankylosante (plutôt que sous forme d’arthrose ou de fibromyalgie), en entretenant une réaction inflammatoire d’autant plus nocive qu’elle est inefficace. Ce terrain particulier n’est cependant cause de rien tant qu’il n’y a pas de contractures musculaires, d’origine traumatique souvent très ancienne. Ce sont celles-ci qui vont être à l’origine de l’inflammation, amplifiée par le terrain génétique particulier.

Il est donc illusoire de vouloir guérir ces maladies sans traiter spécifiquement les contractures, ce qui ne peut se faire que de façon manuelle, idéalement par Brachy-Myothérapie. À cause mécanique, traitement mécanique.

Vouloir traiter ces maladies par des remèdes anti-inflammatoires, y compris corticoïdes ou méthotrexate, est tout autant voué à l’échec à long terme (sauf pour soulager) que de vouloir traiter un abcès dentaire par ces mêmes médicaments sans qu’un dentiste en traite la cause en drainant l’abcès.

Guérir les contractures par Myothérapie suffit en général pour traiter la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante. Toutefois, moins on tardera pour choisir cette approche, plus celle-ci sera efficace… 

 

 

Pour en savoir plus

Le Dr Jan Polak est président de la Société internationale de Myothérapie. Il enseigne depuis plus de vingt ans aux médecins, aux kinésithérapeutes et aux ostéopathes cette méthode thérapeutique qu’il a créée. Son activité est basée dans le Gers.

• www.brachy-myotherapie.com

www.acu-anmo.com