Olfactothérapie : retour vers le futur

Il n’y a pas que le goût ou la vue dans la vie. Et l’olfactothérapie nous le rappelle. Géré différemment des autres sens dans notre cerveau, l’odorat est un outil clé en cas de somatisation ou de traumatisme. L’olfactothérapie combine évocations éveillées par des huiles essentielles et correspondances vibratoires avec les chakras.

Une petite madeleine, souvenir gustatif et olfactif clé décrit par Marcel Proust dans « À la recherche du temps perdu », a laissé sa trace en littérature. En le paraphrasant, « à la recherche du temps passé qui ne doit plus nous encombrer » pourrait servir de sous-titre de l’olfactothérapie. Cette approche des souffrances, corporelles ou mentales, a été conçue au début des années 1990 par Gilles Fournil, singulier praticien puisant aux sources de quatre univers : les neuro­sciences, la tradition hindoue tantrique, la somatologie et l’approche jungienne des archétypes.

L’odorat, un sens à part

Respiration d’huiles essentielles, écoute de son corps et respiration en sont les clés, tout en s’appuyant sur un accès inusité au cerveau. On sait que ce dernier fonctionne sur trois plans. Le cerveau reptilien agit de façon réflexe pour la survie, le cerveau limbique traduit l’information physique en émotion, et le cerveau cortical (ou cortex) élabore des pensées (puis des gestes, des mots, ou de nouvelles réactions physiques). Ne s’adresser qu’au corps (sans élaboration mentale) ou qu’au cortex (sans passage par le corps), aboutit à des échecs thérapeutiques. Car la mémoire d’un individu consiste en une accumulation de données passant d’un cerveau à l’autre sans que l’on sache bien comment l’information a été encodée. D’autant que « l’olfactif est géré différemment des autres sens. Via un circuit plus direct. Les odeurs passent par le rhinencéphale – autrement dit le système limbique –, connecté au nerf olfactif, et ne passent pas par le ”tri sélectif“ du thalamus. Ainsi le mental ne peut intervenir pour bloquer ou modifier les informations sur des souffrances émotionnelles du passé qu’on peut transformer », explique Gilles Fournil.

Fort d’une longue fréquentation des traditions hindoues, mais aussi formé à la somatologie et à la thérapie transpersonnelle, Gilles Fournil a également emprunté à Carl Gustav Jung, analyste et dissident de Freud, la notion d’archétype. Pour faire sa propre grille sur sept niveaux, où l’on retrouve les sept chakras reconnus en médecine ayurvédique notamment. Du 1er au 7e, du chakra racine à celui du sommet du crâne, les thématiques archétypales de pulsions de vie ou de mort, identité sexuelle, place dans la famille ou la société, ouverture de cœur, créativité, capacité au non-jugement ou relation à l’infini, etc., vont être sollicitées par des huiles essentielles spécifiques. Des échanges énergétiques vibratoires se font, via les trois principaux nadis – des canaux énergétiques –, qui appellent dans telle ou telle zone du corps. Mais on n’en restera pas au constat. « Un rééquilibrage se fera, permettant de rendre neutre une expérience ou un souvenir ancien qui perturbe la vie encore aujourd’hui. »

Respirer pour réparer

Pour favoriser la circulation du prana – énergie vitale des Hindous –, et afin d’équilibrer yin et yang, la respiration est cruciale. Il a été démontré qu’elle a des effets sur le cerveau, selon que l’information/stimulus lui arrive par l’une ou l’autre narine, ou par les deux à la fois. C’est ainsi que « la phase guidée des exercices respiratoires devient la pierre de voûte du système ».

Cette thérapie inspirée de sagesse orientale entend engendrer une paix profonde, « une acceptation de soi et des autres, sans forcer un changement ». À l’instar du végétal, tant il est vrai que « Le saule ne cherche pas à ressembler au chêne et que la rose n’est pas malheureuse de faire mal avec ses épines. »

Comment se déroule une séance

Le travail, allongé, se fait en cinq étapes.

  1. Première étape, le thérapeute aide le consultant à une relaxation et à une écoute fine de son propre corps.
  2. Deuxième étape, diverses huiles sont proposées jusqu’à identifier deux d’entre elles (« la très aimée » et « la moins aimée », selon Gilles Fournil).
  3. Troisième, la plus psychanalytique, avec association libre à partir des ressentis et souvenirs ouverts.
  4. Quatrième, autour de l’odeur détestée, le praticien propose un type très précis d’exercices respiratoires (dont un inspir très long et un expir comparable à un soupir).
  5. Cinquième, vérification que l’odeur a changé de charge émotionnelle.

    u début, six huiles correspondant aux 2e et 3e chakras/archétypes sont proposées (ylang-ylang, santal, myrrhe d’un côté ; romarin, lavande et bergamote de l’autre), « car une grande majorité des souffrances entre dans ce cadre », selon Gilles Fournil.
    Toutefois 72 huiles, dont 16 majeures, peuvent servir de support.
    Durée moyenne du traitement ? Huit à douze mois, à raison de deux séances par mois.

 

  • En savoir plus

« Sentir pour mieux se sentir », d’Alain Faniel, éd. Amyris.
www.olfactotherapie.com