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Redresser les scolioses sans corset ni chirurgie

Contrairement aux idées reçues, la scoliose n’est pas d’origine posturale, mais génétique, biomécanique, neurologique et environnementale. En clair, les raisons sont obscures. Et ce que l’on sait encore moins, c’est que, pour les scolioses importantes, des alternatives au port du corset ou à la chirurgie existent.


Les scolioses sont dites idiopathiques, ce qui signifie que la médecine n’en connaît pas la cause. On en est donc réduit à préconiser des traitements qui ne peuvent être que symptomatiques. N’agissant que sur la conséquence et non sur la cause, inconnue, ils ne peuvent pas être très efficaces pour la guérir, ni même pour stopper son évolution.

Diagnostic et évolution

La scoliose est une torsion de la colonne vertébrale qui se traduit par une ou deux courbures d’inclinaison latérale dorsale, lombaire ou dorso-lombaire, associée à une rotation des vertèbres sur leur axe ce qui provoque une déformation thoracique appelée voussure ou gibbosité, constatée lorsque le patient se penche en avant. Un hémithorax est alors plus haut que l’autre. De plus, la cyphose dorsale est diminuée. Curieusement, personne n’envisage jusqu’à présent qu’il faut a priori une cause musculaire pour tordre une colonne. La confirmation du diagnostic et le suivi sont radiologiques : on mesure l’inclinaison latérale selon la méthode de Cobb. Pour les scolioses de faible amplitude, jusqu’à 10°, le meilleur traitement reste encore de ne rien faire tout en surveillant l’évolution. En effet, les courbures initiales de moins de 10° s’aggravent rarement. Ce qui n’est pas le cas des courbures de 10 à 20° qui s’aggravent dans 10 à 30 % des cas. Dans le même registre, notons que les scolioses de plus de 20° s’aggravent dans 50 à 80 % des cas. Au-delà de 30 %, il y aura aggravation quasi systématique.

La plupart des scolioses n’évoluent cependant plus après la fin de la croissance : seules les courbes de plus de 30° peuvent encore légèrement évoluer. Le taux d’améliorations, ou redressements spontanés, n’est que de 10 % et ne concerne que les scolioses de moins de 15°, uniquement en période prépubertaire.

Une scoliose assez évoluée peut même passer relativement inaperçue, le risque étant principalement esthétique. Les douleurs dorsales ou lombaires, surtout à l’âge adulte, ne sont pas plus fréquentes que dans le reste de la population (il est à noter que ce n’est pas la scoliose qui provoque des douleurs, mais les contractures musculaires, qui, comme nous le verrons, sont à la fois cause et conséquence). Ce n’est qu’au-delà de 80° – rarement atteints – que peuvent parfois survenir des complications respiratoires ou cardiaques.

On peut donc se demander si les traitements actuellement proposés, avec leurs énormes contraintes sur le long terme pour de bien faibles résultats, sont adaptés à la maladie. Car, tant que l’on n’aura pas reconnu l’étiologie de la scoliose, les traitements, quels qu’ils soient, ne seront que palliatifs et symptomatiques. Aucun ne guérira la scoliose elle-même.

Corset, chirurgie, inutiles et contraignants

Le corset rend la vie difficile aux enfants et aux adolescents pendant des années. Son but n’est même pas de diminuer la scoliose, mais simplement d’éviter une aggravation entre 5° à 10°de plus. En pratique, le résultat du port du corset ne diffère de l’évolution naturelle que s’il est porté 23 heures sur 24, ce qui est rarement le cas.

On estime que 30 % des patients abandonnent le corset ou le portent mal, mais très peu osent l’avouer à leur thérapeute. Ce pourcentage est donc certainement sous-estimé, et les effets du corset surestimés. Au total, plus de 60 % des malades sous corset aggravent leur cas, soit l’équivalent d’une évolution spontanée sans traitement : un patient sur trois aurait tôt ou tard une indication chirurgicale, malgré le traitement orthopédique.

La chirurgie n’est quant à elle envisageable qu’au-delà de 40 à 50°. Le rapport avantages/inconvénients très limite de cette approche la rend discutable : alors que son intérêt reste purement esthétique, les complications potentielles sont innombrables, graves et fréquentes.

Un traitement efficace et non traumatisant de la scoliose, qui permettrait non seulement de stopper l’évolution de celle-ci, mais aussi de la redresser, serait donc le bienvenu. Nous avons pu démontrer que cela est possible et efficace dans la plupart des cas.

Une alternative manuelle et naturelle

En décembre 2013, un article détaillé sur la possibilité de redresser les scolioses sans corset est paru dans Asian Spine Journal, une des revues internationales spécialisées dans le domaine. Cette étude a aussi été publiée en France dans la revue de kinésithérapie Profession Kiné.

Vingt médecins généralistes, trois médecins spécialistes en rééducation, un pédiatre et quatorze kinésithérapeutes avaient traité, par brachy-myothérapie et avant la fin de leur croissance, 71 enfants et adolescents atteints d’une scoliose avec un angle de Cobb compris entre 11° et 62°.

La myothérapie permet de traiter manuellement les contractures musculaires et leurs conséquences. En traitant les contractures post-traumatiques primaires, qui sont en pratique toujours situées au cou ou aux chevilles, les hypertonies de compensation et leurs conséquences (douleurs, déformations) disparaissent, puisque sans objet. La scoliose nous a semblé être un exemple typique de ce processus. C’est pour cela que, dans cette étude, seuls les muscles du cou et/ou de la cheville ont été traités, sans aucun traitement ni au niveau dorsal ni au niveau lombaire.

N’ont été traités que des patients sans corset. La thérapeutique n’a donc inclus que la myothérapie à défaut de toute autre approche.

Sept cas avaient un angle initial supérieur ou égal à 30° (aggravation attendue dans près de 100 % des cas). Vingt-deux cas étaient compris entre 20 et 29° (aggravation attendue dans les trois-quarts des cas). Les quarante-deux autres patients se situaient entre 11 et 19° (aggravation attendue dans un quart des cas seulement, mais redressement spontané exceptionnel). Une séance de brachy-myothérapie a été faite environ tous les dix jours. Une moyenne de 14,5 séances a été pratiquée sur chaque patient. Le traitement fut en général assez bref, en moyenne six mois.

Les causes de la scoliose

Nous avons ainsi pu redresser près de 95 % des scolioses dites idiopathiques, dont certaines très évoluées, sans traitement local aucun, par une méthode manuelle n’agissant que sur le système musculaire. Ce qui peut signifier que :

  • la cause n’est pas située à l’endroit de la déformation,
  • cette cause est probablement musculaire.


Il faut savoir qu’une position de la tête permettant l’horizontalité des oreilles est nécessaire aux réflexes d’équilibration. Il suffit de regarder un animal qui court : quelle que soit la position du reste du corps, les oreilles restent au même niveau.

Or plus de 60 % des enfants scoliotiques ont un trouble de l’équilibre avec dysfonctionnement vestibulaire, et l’on constate chez 60 % une position asymétrique du crâne sur le rachis, qui ne peut être due qu’à une contracture persistante d’origine traumatique : traction obstétricale excessive, chute sur le crâne, traumatisme crânien plus ou moins important… Ces asymétries de tonus des muscles du cou, provoquant des défauts de position de la tête, vont obliger le sujet à infléchir son rachis pour se rééquilibrer, au niveau cervical, dorsal ou lombaire. Si la compensation latérale se fait au niveau dorsal, et puisqu’au niveau dorsal il n’y a pas de muscles rachidiens antérieurs mais seulement des muscles latéraux et postérieurs appelés transversaires épineux, la déformation de compensation se fera dans la résultante des forces de ces muscles : inclinaison latérale, rotation homolatérale, et extension. Ce qui correspond exactement à la déformation de la scoliose.

La scoliose est donc une inclinaison rachidienne secondaire, dont l’objectif est de tenter de rétablir l’horizontalité des oreilles nécessaire à l’équilibre. Cette inclinaison se fait en torsion à cause de l’orientation des muscles effecteurs. La cause première se trouve à distance de la scoliose : les contractures souvent anciennes de muscles du cou. Traiter celles-ci rend la compensation inutile, d’où le redressement de la scoliose. C'est donc un traitement alternatif bien-être de la scoliose. Pour confirmer cette hypothèse, seuls ces muscles ont été traités dans l’étude présentée ici, sans le moindre traitement local. Les résultats obtenus tendent à confirmer notre théorie. C’est d’ailleurs une question de bon sens : comment pourrait-on tordre une colonne sans y appliquer une certaine force ? Et quel mécanisme pourrait appliquer cette force de manière constante, hormis des muscles contracturés unilatéralement en permanence ?

Il est également possible de soulager les tensions dues à une scoliose grâce à des semelles de reprogrammation posturale (voir cet article sur alternativesante.fr)