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Bromélaïne et cancer : la recherche confirme

Enzyme présente dans les tiges et les racines de l’ananas, la bromélaïne n’en finit pas de surprendre. D’abord utilisée dans le traitement des œdèmes post‑traumatiques, la bromélaïne fait l’objet de nombreuses recherches scientifiques notamment pour son action anticancéreuse. Le livre récent du Dr Bodin fait le point sur ses multiples capacités dans ce domaine.


Le plus extraordinaire avec la bromélaïne est que de nombreuses recherches ont aujourd’hui établi le bien-fondé de son utilisation dans le cancer. De plus, ses actions bénéfiques s’exercent pratiquement à tous les niveaux de la maladie cancéreuse.

Allié des traitements conventionnels 

La bromélaïne présente des intérêts de tout premier plan dans la maladie cancéreuse comme pour :

  • l’action sur la douleur occasionnée par le cancer et ses traitements ;
  • l’action sur l’inflammation péritumorale ;
  • la prévention des risques de thromboses ;
  • la stimulation du système immunitaire ;
  • l’aide à la cicatrisation après l’intervention chirurgicale ;
  • la prévention des œdèmes et des lymphœdèmes.

Mode d’action sur la tumeur

Étant une enzyme protéolytique, la bromélaïne dégrade les grosses molécules de protéines permettant ainsi leur élimination. Par ce mécanisme, une cure de bromélaïne pourrait détruire les formations non indispensables de l’organisme : verrues, polypes, nodules, indurations… mais aussi tumeurs malignes. De plus, les cellules cancéreuses sont entourées d’une substance mucoïde qui les cache au système immunitaire et empêche l’action des lymphocytes tueurs de cancer. La bromélaïne détruirait cette couche mucoïde exposant les cellules cancéreuses aux défenses immunitaires.

La première étude documentée date de 1972. Les chercheurs ont constaté une disparition de certaines tumeurs et une diminution des métastases. Taussig en 1985 et Maurer en 1988 suggèrent que la bromélaïne agit sur les cancers par :

  • l’inhibition de la croissance tumorale. De plus, la bromélaïne diminue la capacité des cellules cancéreuses à migrer en tissu sain.
  • la stimulation du tumor necrosis factor alpha (TNF alpha). Une étude clinique réalisée sur des femmes atteintes de cancer du sein donne un éclairage sur le fait qu’elle agit en restaurant la cytotoxicité des monocytes contre les cellules cancéreuses, mais aussi en augmentant la production de cytotoxines comme le TNF alpha et certaines interleukines.
  • la prévention des métastases. La bromélaïne diminue le nombre de métastases pulmonaires chez les souris. Il semblerait que la bromélaïne détruise une protéine (CD44) des cellules cancéreuses qui sont des molécules d’adhésion leur permettant de s’amarrer sur les parois des vaisseaux sanguins induisant ainsi de nouvelles métastases. Une autre étude montre que la bromélaïne réduit le nombre de métastases induites, mais aussi le volume des tumeurs de près de 65 %.

D’autres mécanismes

Aujourd’hui, la recherche a identifié d’autres mécanismes par lesquels la bromélaïne exprime son action anticancéreuse comme, entre autres :

  • la stimulation des défenses immunitaires contre les cellules cancéreuses ;
  • la désactivation du gène signal Nuclear factor Kappa-B (NF-Kappa-B) qui est pro-inflammatoire ;
  • l’induction du processus d’apoptose (suicide des cellules cancéreuses).

L’action antitumorale, antileucémique et antimétastatique de la bromélaïne a également été démontrée in vivo, chez des souris atteintes de leucémies, de sarcomes, de cancers du poumon, de mélanomes, de cancers du sein et d’ascites cancéreuses. Il y a été noté un taux de survie nettement augmenté (sauf dans les mélanomes) ainsi qu’une diminution du nombre de métastases pulmonaires.

En outre, un article venant d’Angleterre suggère que la bromélaïne présente une action directe sur les cellules cancéreuses, sur leur micro-environnement ainsi que sur la modulation des systèmes immunitaire et anti-inflammatoire. La bromélaïne, avec son activité protéolytique, pourrait sans doute modifier la teneur en protéines de ce milieu micro-environnement favorisant ainsi la réparation ou la destruction des cellules cancéreuses.

Les dernières découvertes

Par ailleurs, deux molécules tirées de la bromélaïne sont très actives sur le cancer :

  • La molécule CCZ qui stimule les défenses immunitaires contre le cancer notamment les lymphocytes T.
  • La molécule CCS qui est capable de bloquer la prolifération cancéreuse.

Ces deux molécules sont des protéases. Et, selon le Dr Tracey Mynott, chercheuse à l’Institut du Queensland (Australie), c’est la première fois qu’est mise en évidence l’action immunitaire de ce type d’enzymes. Selon elle, ces molécules peuvent « bloquer la croissance d’un large éventail de tumeurs, y compris celle du sein, des poumons, du côlon, des ovaires ou le mélanome ». Et elle a ajouté en 2005 que ces molécules « représenteront de fait une manière totalement nouvelle de traiter la maladie et potentiellement une catégorie entièrement nouvelle d’agents anticancéreux ».