Hypoacousie : ne pas faire la sourde oreille

Les troubles de l’audition sont un handicap de plus en plus fréquent. Allongement de la durée de vie, environnement trop bruyant, problèmes ORL à répétition, prise de certains médicaments, font apparaître de nombreuses pathologies. La médecine alternative offre des possibilités pour vraiment réduire une gêne qui a un impact destructeur sur la vie sociale.

Dossier réalisé avec le concours du Dr Naïma Bauplé et de Vittoria Siegel (conseil en médecine nutritionnelle)

 

Le son est une onde qui se déplace dans l’air. Lorsqu’il vient frapper l’oreille externe, il est amplifié avant d’atteindre le tympan, puis est transmis jusqu’au liquide de l’oreille interne par l’intermédiaire des osselets et de la fenêtre ovale.

L’intérieur de la cochlée – partie interne de l’oreille – est tapissé de cellules sensorielles ciliées, toutes reliées au cerveau par des fibres nerveuses, et baigne dans un milieu liquide particulier, l’endolymphe. Lorsqu’un signal sonore parvient dans la cochlée, il est alors transformé en impulsions qui sont relayées par toute une série de neurones jusqu’aux centres auditifs situés dans le cortex cérébral (substance grise ou « écorce » du cerveau) au niveau des tempes. Là, le son est interprété sous la forme que nous lui connaissons.

Comme nous possédons deux oreilles, le son n’arrive pas en même temps à nos deux tympans. Fort heureusement, les neurones qui gèrent ce genre d’information (à la façon de nos ordinateurs) sont capables d’une précision pouvant atteindre de 1 à 2 degrés. Nous disposons ainsi d’une grande capacité à nous repérer dans l’espace grâce aux sons qui ne cessent de nous parvenir. L’audition est donc un mécanisme complexe au sein duquel il faut accorder une importance particulière aux cellules ciliées qui sont capables de détecter les ondes sonores, de les amplifier et de transmettre leurs vibrations au cerveau.

Par ailleurs, l’oreille est également le centre de l’équilibre, de la stabilité. Cette fonction essentielle sans laquelle nous ne pourrions nous dresser debout, est assurée de chaque côté par le vestibule et les canaux semi-circulaires situés en arrière de la cochlée.

Une mauvaise régulation de l’équilibre et surviennent des vertiges qui, même isolés, perturbent profondément et durablement le sentiment de sécurité intérieure et la capacité de s’inscrire dans le futur.

De quelle surdité souffrez-vous ?

La surdité ou hypoacousie se définit comme une baisse sensible de l’acuité auditive au point d’entraîner un certain handicap. Ainsi, parle-t-on de surdité légère quand la perte est comprise entre 20 et 40 décibels (dB), moyenne entre 40 et 70 dB, sévère entre 70 et 90 dB, profonde entre 90 et 120 dB et totale ou cophose au-delà de 120 dB.

 

La surdité se manifeste selon deux modes.

La surdité de perception est la conséquence d’une atteinte de la cochlée et la surdité de transmission est en lien avec des lésions situées au niveau des parties externe et moyenne. Ces deux modes peuvent malheureusement s’additionner. Ce sont les différents examens pratiqués par le médecin ORL qui permettent d’établir la nature exacte de la surdité.

La surdité par perception est due aux affections qui sont susceptibles d’endommager la cochlée. Les plus fréquentes sont :

- Le vieillissement physiologique ou prématuré (appelé parfois presbyacousie), notamment au niveau vasculaire : lorsque le taux en oxygène baisse au niveau du sang artériel, les cellules neurosensorielles de l’oreille interne en souffrent et leur capacité de régénération spontanée s’en trouve altérée d’autant. Ce processus pourra être accéléré par les problèmes suivants :

  • L’hypercholestérolémie, le diabète de type 2, mais aussi le stress.
     
  • Une infection, virale le plus souvent, la maladie de Ménière, l’hypertension artérielle, même passagère comme au cours de la grossesse, peuvent également être en cause. Citons également un neurinome de l’acoustique, tumeur bénigne développée aux dépens du nerf auditif ainsi qu’un accident vasculaire cérébral par thrombose.
     
  • Un traumatisme sonore dû à l’environnement. Les militaires, les chasseurs, les ouvriers métallurgistes y sont particulièrement exposés. Les voyages en avion, montagnes russes dans les foires foraines peuvent également avoir des conséquences néfastes. Enfin, un environnement chroniquement bruyant (au travail, l’usage d’un baladeur à trop forte intensité, l’utilisation excessive du téléphone portable) n’est pas favorable. Tous genres d’exposition confondus, l’homme est aujourd’hui presque trois fois plus prédisposé que la femme à développer une hypoacousie induite par le bruit.
     
  • La prise de médicaments toxiques peut également favoriser la baisse auditive.
     

La surdité de transmission provient d’affections qui risquent de léser les compartiments externe et moyen de l’oreille :

  • Un bouchon de cérumen, surtout quand il est enfoncé à l’aide d’un coton-tige ou d’une épingle de nourrice.
  • Les otites à répétition associées ou non à une atteinte de l’os.
  • Un cholestéatome, tumeur bénigne qui se développe dans l’oreille moyenne et qui est constituée par un amas de cellules « infiltrées » par du cholestérol.
  • L’otospongiose, une maladie héréditaire, surtout féminine, responsable d’une paralysie de l’étrier et souvent d’une surdité (prévoir une intervention chirurgicale au cours des premières années de l’âge adulte).
  • Un traumatisme sonore, suite à un voyage en avion, à la plongée sous-marine (barotraumatisme) jusqu’au blast (qui peut altérer les articulations entre les osselets et/ou provoquer la rupture du tympan).
  • Traumatisme crânien affectant le rocher.
  • Dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire, souvent en lien avec une altération de l’état dentaire !

À la consultation de ces deux listes, il est évident que certains de ces facteurs, comme les traumatismes sonores, les barotraumatismes, les infections (plus particulièrement virales), sont capables d’induire immédiatement des surdités mixtes car ils sont susceptibles d’affecter tous les secteurs de l’oreille.

Selon le type de surdité mais aussi son intensité et sa (ou ses) causes, le traitement varie considérablement. Par exemple, l’exérèse chirurgicale est la seule solution thérapeutique actuellement envisageable en cas de neurinome de l’acoustique tandis qu’un traitement médicamenteux sera proposé en cas de maladie de Ménière et une prothèse auditive dans d’autres formes de surdité de perception.

Ce qui est sûr, c’est que plus l’hypoacousie est intense, plus elle modifie la vie de celui qui en est victime. Parfois de façon progressive car on s’habitue à moins bien entendre. On peut ainsi être plus sourd qu’on ne le croit ! Le cerveau compense naturellement certaines défaillances des cellules ciliées, de sorte que des lésions touchant jusqu’à 50 % de leur effectif peuvent passer totalement inaperçues. C’est pourquoi un bilan auditif devrait être plus fréquent afin d’éviter de consulter à un stade trop tardif. Et cela permettrait de prendre très vite les mesures pour éviter que la déficience ne s’aggrave…