Nos dirigeants sont impuissants face à la mafia médicale

Héritière du savoir ancestral des rebouteux, l’étiopathie reste la moins connue, et la moins reconnue, des thérapies manuelles. C’est pour corriger cette injustice que Jean-Paul Moureau vient de publier « Soigner autrement ». Dans ce livre, l’ex-éthiopathe de Sarkozy à l’Élysée raconte son métier au quotidien et le combat qu’il mène depuis trente ans contre un système médical répressif.

Principes de Santé : Vous rappelez dans votre livre que l’étiopathie ne soigne pas tout. Quelles sont les affections sur lesquelles vous n’avez pas la main ?
Jean-Paul Moureau : Les pathologies dont les causes sont endogènes comme les maladies génétiques et auto-immunes ; ensuite les néoplasies, les cancers. Des hôpitaux nous envoient des malades du cancer pour les soulager mais nous ne pouvons agir sur la cause première.

P. de S. Comment parvenez-vous à traiter des allergies ou des maladies infectieuses par la manipulation manuelle ?
J.-P. M. Dans l’esprit commun, une manipulation, c’est faire « craquer » une articulation. Les étiopathes font un travail de thérapie manuelle : notre main donne des ordres à des capteurs du patient. La main est l’organe le plus puissant qui soit dans l’univers : il y a entre la main et le cerveau des milliards de connexions neuronales, de synapses et sur le bonhomme de Penfield [ndlr : représentation des parties du corps à l’échelle de la place qui leur est dévolue dans le cerveau] on voit très bien que la moitié du cerveau sensorimoteur ne sert qu’à la commande­ de la main.

P. de S. Vous qualifiez la main de « panacée » dans votre livre. C’est un peu fort non ?
J.-P. M. J’ai récemment participé à une émission télévisée avec le paléoanthropologue Yves Coppens, qui explique bien que les 50 000 dernières années de l’évolution humaine n’ont servi qu’à faire opposer le pouce au reste des doigts. Le Pr Fabrice Chrétien était là aussi et ce spécialiste des maladies neurodégénératives a confirmé la relation de commandes et de réceptions existante entre les aires notamment frontales du cerveau et la main. Coppens explique bien qu’il y a aujourd’hui un développement considérable de l’agilité de la main chez les jeunes. Cette évolution est portée par les jeux électroniques, les joysticks, les tablettes tactiles et elle concerne des aires préfrontales anciennes qui sont « remaniées » pour guider la main.


P. de S. Nos mains auraient donc des pouvoirs supérieurs à ceux de notre cerveau ?
J.-P. M. Il y a une connaissance des mains, des doigts, du pouce notamment, qui échappe à l’entendement du cerveau. La main peut faire des choses que le cerveau, la conscience pour être plus juste, n’a pas prises en considération. En étiopathie, c’est en faisant intervenir certains signaux de façon adaptée que l’on parvient à transmettre des ouvertures ou des fermetures synaptiques, à augmenter, ralentir ou fermer des flux d’informations et c’est ainsi que l’on obtient des centres effecteurs une réponse du corps dans le sens de la guérison.

P. de S. Christian Trédaniel, votre professeur, aimait à répéter que la santé humaine est une affaire de plomberie et de savoir-faire manuel. N’est-ce pas réducteur ?
J.-P. M. Si l’on n’a pas le talent manuel, ce qu’on appelle la « patte », on ne peut rien faire. En quarante ans d’école d’étiopathie, il n’existe que 400 étiopathes en France. La main a de fantastiques possibilités qu’il faut acquérir à partir d’une aptitude, par un apprentissage. Quelqu’un qui n’a jamais skié ne va apprendre en lisant des livres sur le ski, mais en en chaussant, en tombant plusieurs fois, en créant ce que j’appelle des « boucles sensorielles ». Sans confrontation aux données du monde, il n’y a pas d’apprentissage possible.

P. de S. Tout passe par vos mains. Vous arrive-t-il malgré tout de faire appel à d’autres outils ou remèdes en complément ?
J.-P. M. Jamais. Quand nous estimons que la main ne suffit plus, nous adressons le patient à quelqu’un qui emploie d’autres moyens. Tous les jours nous détectons chez des patients, grâce à notre système de diagnostic – la fameuse grille idiopathique des néoplasies – des cancers, et parce que nous savons que nous ne pouvons rien, nous les envoyons vers des centres dédiés.


P. de S. Comment expliquez-vous que l’étiopathie soit encore si peu connue ?
J.-P. M. L’étiopathie n’a aucune visibilité. C’est pour lui en donner que j’ai écrit ce livre. Maintenant avec nos quatre facultés, et grâce à nos succès thérapeutiques, il y a de plus en plus d’étudiants – 400 actuellement – et autant de praticiens, soit 800 étiopathes potentiels.

P. de S. Vous avez été le thérapeute du président Sarkozy et vous soignez des gens de pouvoir et d’influence. Cela aurait dû vous aider à faire connaître votre métier…
J.-P. M. Aucune médecine alternative n’est reconnue. L’acupuncture, l’homéopathie, la chiropraxie ne sont pas reconnues. L’ostéopathie a été vaguement réglementée mais en acceptant des compromissions. Aucune médecine différente de l’allopathie n’est reconnue. Le fait d’être très intime avec un président de la République ne change rien.

P. de S. Nos dirigeants politiques n’ont pas le pouvoir de faire reconnaître les médecines naturelles ?
J.-P. M. Les dirigeants politiques sont des éléments du décor. Un président de la République ne peut pas légiférer, il doit passer par le Parlement. Même s’il en résulte une loi, encore faut-il que celle-ci ne soit pas retoquée par le Conseil constitutionnel. Or, en travers de cette longue route, se dressent l’Ordre des médecins et les lobbies industriels qui verrouillent le système. C’est une véritable mafia qui organise la répression et qui est très difficile à contourner.

P. de S. Existe-t-il un espoir de voir ces médecines intégrer le système de santé ou bien sont-elles condamnées à résister ?
J.-P. M. Ce sont les patients qui finiront par imposer cette reconnaissance de l’étiopathie et des autres médecines efficaces. En allant de plus en plus vers ces médecines, ils créent un mouvement qui amène inexorablement les politiques à cette reconnaissance. Ils y seront obligés car, de toute façon, ils enfreignent la loi : la Directive européenne de 2001 autorise en Europe tous les praticiens de santé jouissant d’un diplôme officiel d’une école officielle à exercer leur art.

P. de S. Avez-vous vraiment le sentiment que le contexte évolue favorablement ?
J.-P. M. J’ai essuyé trois procès dans ma vie pour exercice illégal de la médecine. Dans le premier j’ai été condamné à 3 000 F (500 €) d’amende, dans le deuxième je suis allé en appel pour obtenir une peine symbolique, et dans le troisième le magistrat m’a condamné mais dispensé de peine. L’appui des professeurs agrégés qui étaient venus me défendre a fait peser la balance. Et, pour la petite histoire, j’ai revu ce magistrat, une femme, quelques années plus tard dans mon cabinet. Je recevais un comédien très célèbre. Quand je lui ai demandé qui l’envoyait chez moi, il a regardé sa femme, et cette dame m’a avoué qu’elle était le juge de mon dernier procès et qu’elle s’était dit que, s’il lui arrivait quelque chose, elle viendrait me voir. Tout cela pour dire que la situation évolue dans le bon sens. Je me suis toujours fait assister par les plus grands noms de la faculté, cela aide : c’était le savoir, l’expérience contre les lobbies.


P. de S. Vous dites que les patients subissent les médecins, qui ne s’occupent plus des malades mais des maladies. Que vous répondent les médecins que vous côtoyez ?
J.-P. M. Ils n’ont rien à me dire. Je constate tous les jours les erreurs énormes qu’ils commettent, je constate qu’il y a 30 000 morts par an dans les hôpitaux : 20 000 par maladies nosocomiales et 10 000 par erreurs médicales. Alors que la sinistralité de notre métier est quasi nulle. Devant les guérisons spectaculaires que je cite dans mon livre, il y aurait pourtant à dire. Mais aucun médecin ou chirurgien n’a décroché son téléphone pour m’appeler et me demander comment j’avais guéri son patient prétendument condamné.

P. de S. Vous livrez quelques anecdotes concernant votre relation avec le président Sarkozy mais vous ne dites rien de sa position vis-à-vis des médecines alternatives…
J.-P. M. Le président de la République a accès au meilleur de l’offre médicale. S’il a fait confiance à un étiopathe pour entretenir sa santé et son énergie, c’est qu’il a trouvé des résultats supérieurs à ce qu’il pouvait obtenir. La plupart des témoignages de patients que je publie dans mon livre montrent que cette médecine est utile quand l’allopathie a échoué. L’étiopathie n’agit pas sur tout mais c’est une thérapeutique efficace, manuelle et immédiate.

En savoir plus

Petit rappel : l’étiopathie a été fondée par Christian Trédaniel. Héritière des techniques des rebouteux, c’est une médecine qui recherche les causes de la pathologie avant de traiter les symptômes.
Après le décès de Christian Trédaniel en 2011, Jean-Paul Moureau a pris sa succession à la présidence de l’institut français d’étiopathie qui regroupe quatre écoles en France.
Son livre « Soigner autrement » vient de paraître aux éditions du Seuil.
Site : www.etiopathie.com

Jean-Paul Moureau, 65 ans, fut l’un des premiers élèves et collaborateurs du fondateur de l’étiopathie, Christian Trédaniel, au début des années 1970. Il est diplômé du Collège européen d’étiopathie de Genève et de la faculté libre de médecine étiopathique de Paris. Installé en cabinet à Paris depuis 1976, il soigne nombre d’hommes politiques, de stars du show‑biz, de médecins, militaires et journalistes, et son fichier de patients compte 100 000 noms. En tête de cette liste figure celui de Nicolas Sarkozy. Il a aussi consulté dans les hôpitaux, notamment à Beaujon, à Paris, pendant dix ans. Après le décès de Christian Trédaniel, en 2011, Jean-Paul Moureau a pris sa succession l’an dernier à la présidence de l’Institut français d’étiopathie, qui regroupe quatre écoles en France.