Récupérer après un traitement anticancer

Vous êtes soulagé : vous venez de terminer votre protocole hospitalier et les résultats sont bons. Pour autant, votre organisme a encore besoin que l’on s’occupe de lui. Voici comment l’aider à se renforcer.

Les traitements hospitaliers, et surtout les chimioradiothérapies, sont particulièrement agressifs pour l’organisme. Paradoxalement, si un cancer a réussi à se développer c’est que le système de défense a été pris en défaut et l’on fait pourtant appel à des traitements qui font chuter les défenses immunitaires. Mais à ce jour, c’est la voie privilégiée pour vaincre cette maladie.

Plus surprenant encore : peu de médecins hospitaliers prennent réellement en compte cet état de santé fragilisé. Une fois le traitement terminé, le patient sera parfaitement surveillé, mais rien ne lui sera proposé pour renforcer le terrain. Il y a pourtant tant à faire ! Au moment où on parle de rémission, il me paraît essentiel de soutenir notre organisme sur plusieurs plans.

 

Des règles hygiénodiététiques de bon sens

Tout d’abord rappelons que les deux « traitements » les plus efficaces pour réduire le risque de récidive d’un cancer sont :

  • Une activité physique régulière : 30 minutes de « sport » par jour.
  • Un lien social riche qui permet d’être entouré, mais aussi de partager ses souffrances, ses doutes et ses peurs.

Ensuite, il faut retrouver une certaine hygiène alimentaire. Le traitement a fatigué l’organisme et il l’a surchargé de toxines. Après une chimioradiothérapie, il est important de bien manger pour récupérer. Mais il faut également penser à drainer l’organisme et pour cela rien de mieux que des périodes de diète. Bien entendu, si on a été particulièrement fatigué par le traitement, si on a perdu trop de poids, il faudra attendre un peu avant d’entreprendre cette démarche, mais si vous êtes concerné par cette maladie, n’oubliez pas de l’envisager.

Pour la diète, je suggère de supprimer tous les produits d’origine animale, de consommer essentiellement des légumes et crudités, un ou deux fruits par jour et d’ajouter un peu de céréales et légumes secs en fonction du climat (plus important en saison froide) et de la fatigue. Cette diète pourra durer de 3 à 7  jours suivant votre état général et votre envie.

Drainer et nourrir

En complément de la diète, il est important de drainer grâce à la phytothérapie et/ou à l’homéopathie de drainage. Ma préférence va vers les grandes plantes émonctorielles utilisées en teinture mère ou en gélules (extraits secs) : romarin, pissenlit, boldo, fumeterre, orthosiphon et bardane. Si l’organisme est trop encrassé, on préférera l’homéopathie en basse dilution qui est plus douce d’action. On peut ainsi utiliser le L114 de Lehning (1/2 goutte par kilo, deux ou trois fois par jour) ou bien le Chelidonium composé à la même posologie.

Si drainer est prioritaire, il faut aussi nourrir les cellules afin de les aider à fonctionner. On se tournera vers des minéraux et oligo-éléments, d’où mes conseils sur les légumes pendant la diète. Une fois qu’on a insisté sur la minéralisation, il va falloir apporter les calories nécessaires afin de cicatriser et récupérer. On va consommer régulièrement : des céréales complètes et des légumes secs pour les sucres lents ; des huiles de qualité pour l’apport en acides gras essentiels.

Dans un troisième temps, on va ajouter des viandes maigres pour des protéines de bonne qualité qui apportent les acides aminés indispensables aux muscles, mais aussi aux hormones et au système immunitaire. Volailles sans la peau, poissons de toutes sortes, œufs et viandes maigres seront consommés une à deux fois par jour afin de nourrir les tissus. Si vous êtes végétarien, essayez de conserver des œufs et du poisson et insistez sur la combinaison céréales et légumes secs.

Dans tous les cas, attention aux excès de sucres (surtout les sucres rapides), aux mauvaises graisses (surtout les trans) et aux cuissons (pas de fritures ni de grillades).

Pour en terminer avec la nutrition, pensez à charger votre assiette en antioxydants qui participent à la cicatrisation des tissus : herbes et aromates avant tout (curcuma, gingembre, paprika, ail, oignons…), mais aussi crucifères, cucurbitacées, fruits rouges… et thé vert.

Dans certains cas, on ajoutera à cette alimentation des antioxydants en complément alimentaire (des polyphénols, par exemple).
 

Agir sur le système immunitaire

Tous les conseils exposés depuis le début de cet article vont favoriser le bon fonctionnement de notre système immunitaire. Malgré tout, on pourra envisager, trois à quatre mois après la fin du protocole hospitalier, de pratiquer un bilan immunitaire (prise de sang) afin de déterminer le niveau de traitement à envisager. Demandez conseil à votre médecin.

Dans tous les cas, on peut recourir aux traitements suivants :

  • Échinacée et éleuthérocoque ont ma préférence en phyto. Ces deux plantes sont synergiques et ont montré leur intérêt en cancérologie (pour le traitement du terrain, pas de la maladie bien entendu). Dans certains cas, on pourra les associer au ginseng si la fatigue est importante et s’il est bien toléré.
  • L’oligothérapie, en particulier cuivre-or-argent Oligosol (1 mesure tous les matins), mais aussi l’eau de mer concentrée comme Ergybiol (1 bouchon matin et soir).
  • L’homéopathie, avec en particulier Meduloss D8 (20 à 30 gouttes matin et soir).
  • Vous pourrez aussi envisager l’immuno-homéopathie mais uniquement sur prescription médicale (voir le site www.3idi.org pour plus de renseignements).
  • La propolis et le pollen ont sans aucun doute leur place dans cette démarche. Vous pouvez les trouver sous différentes formes (par exemple Quantastimmun associe tous les produits de la ruche, avec une très bonne dose de propolis à l’échinacée et aux extraits de pépins de pamplemousse).
  • L’utilisation des probiotiques, ou mieux encore des symbiotiques (association de pro et de prébiotiques), est essentielle pour renforcer son immunité, mais aussi pour restaurer sa flore intestinale et aider l’intestin à bien récupérer.

Bien sûr nous ne sommes pas exhaustifs. On peut aussi penser à l’acupuncture ou à l’ostéopathie et se faire aider par un psychothérapeute, voire un psychogénéalogiste. Depuis trente ans que j’accompagne des patients cancéreux, il me paraît essentiel de mettre en place une stratégie de récupération et de prévention de la récidive. Le pire étant, à mon sens, de ne rien faire…

L’importance des émotions

Une fois le traitement oncologique terminé, la personne atteinte a envie de passer à autre chose. Et souvent, prendre des remèdes, même naturels, lui pèse car cela rappelle le cancer, et le fait que la guérison n’est peut-être pas totalement acquise. Alors on fait un peu l’autruche et on fuit ce statut de « malade » si inconfortable. C’est pourquoi, à la fin du traitement hospitalier, je propose souvent à mes patients de faire une pause, de se ressourcer et de faire le point sur soi, sur la vie et sur les choix qui se présentent à ce moment particulier de leur existence.

C’est le moment de considérer les démarches à envisager pour « s’occuper de soi », pour mieux écouter son corps. Toutes sont les bienvenues. Les pensées positives, la méditation, l’activité physique, la joie de vivre, la volonté de guérir sont autant de pistes à prendre une fois les traitements lourds terminés. Alors, si vous êtes concerné par cette maladie, dites-vous bien que la première chose à faire est peut-être de se regarder en face, d’apprendre à s’aimer et à s’occuper de soi.