Dépistage et prévention du cancer du côlon

Le cancer du côlon reste l’un des plus meurtriers après celui du poumon. Pourquoi ? Parce qu’il est souvent dépisté trop tard. Et pourtant, l’ablation préventive des polypes qui pourraient devenir cancéreux sauve des milliers de vies chaque année. Avant d’en arriver là, prévention et bon sens restent de mise.

Le cancer du côlon est aussi bien un des cancers les plus « faciles » quand il est dépisté à temps qu’une des formes de maladies auto-immunes les plus fréquentes passé la cinquantaine. Un tableau statistique pour l’année 2008 et par tranche d’âge, facile à trouver sur l’internet, fait état de 1 614 cas entre 15 et 44 ans, 4 616 cas entre 45 et 54 ans, 10 375 cas entre 55 et 64 ans, 13 060 cas entre 65 74 ans et 17 789 entre 75 et 84 ans pour un total (en omettant la tranche 85 et plus) de 56 567 cas.


À la recherche de traces

À partir de 50 ans, il serait utile de faire une recherche de sang dans les selles. La Sécurité sociale propose ce dépistage systématique tous les deux ans. Aucune raison de ne pas le faire, c’est sans risque. Évidemment, dans 90 % des cas, la présence de sang sera due à une fissure anale ou des hémorroïdes. Mais ce dépistage est une première étape pour envisager la coloscopie.

Une coloscopie est un examen invasif et ne doit pas être faite à la légère. Mais les progrès de l’anesthésie en font aujourd’hui un examen de routine bien maîtrisé par les spécialistes. Si on a trouvé du sang dans vos selles ou si vous avez un parent proche qui a fait un cancer du côlon, surtout, n’hésitez pas à faire cet examen si votre médecin vous le suggère. Il permettra d’enlever d’éventuels polypes qui peuvent devenir cancéreux. Cette exérèse est absolument sans risque et ne doit pas être assimilée à une biopsie.

Malheureusement, il n’existe pour l’heure aucun moyen de diagnostiquer un cancer du côlon à temps. Si on laisse un polype se cancériser, le risque d’extension est important, c’est pourquoi on diagnostique trop souvent ce cancer au stade des métastases. Et dans ce cas, au lieu d’une simple coloscopie voire d’une opération limitée, il faudra subir de lourdes chimiothérapies. Alors pensez à faire ce dépistage qui sauve vraiment des vies et évite des traitements lourds et fatigants.

La prévention avant tout !

Si j’ai eu envie de parler du cancer du côlon, c’est parce que l’été arrive et avec lui l’époque des barbecues. Or la première cause de cancer du côlon est sans aucun doute l’alimentation et surtout les produits carbonés. Si vous avez un risque familial de cancer du côlon, faites très attention au barbecue. L’administration américaine l’a officiellement classé dans les causes de cancer au même titre que le tabac ou la pilule.
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais faire de grillades, mais il faut connaître les grands principes et limiter leur utilisation.
Le plus cancérigène reste les viandes transformées, contenant des colorants ou autre conservateurs. Il s’agit surtout des saucisses, bacon ou viandes hachées quand ces produits ne sont pas 100 % naturels. Le fait que la viande reste saignante ou soit bien cuite ne change rien à l’affaire. C’est la haute température avec des zones carbonisées qui apportent le plus de molécules toxiques comme les hydrocarbures polycycliques ou les amines hétérocycliques.
Mais cela ne veut pas dire que vous devez faire une croix sur une bonne côte de bœuf et autres magrets de canard grillés. Voici quelques conseils pour réduire les risques :

  • Si un aliment possède une peau, faites essentiellement griller cette partie et surtout ne la mangez pas (poulet, saumon, canard…).
  • Évitez le charbon de bois, il apporte beaucoup de carbone qui se fixe à la viande. Utilisez plutôt un barbecue à gaz, une plancha ou du vrai bois et attendez d’avoir une bonne braise qui ne fume pas.
  • Apportez des antioxydants à vos grillades : faites mariner les grillades avec des épices et des aromates. Il est prouvé qu’ajouter des herbes de Provence, des épices riches en antioxydants comme le curcuma, le curry, le paprika et même le piment, permet de réduire le risque toxique des grillades.

Consommez toujours vos grillades avec des légumes et des crudités qui apportent d’autres antioxydants, et évitez les frites et les chips qui augmenteraient la charge en produits carbonés.

Vous voyez qu’avec un peu de bon sens, vous allez pouvoir faire, sans risque, de succulentes grillades mais essayez de vous limiter à deux repas de ce type par semaine !

 

Un dépistage qui a… du chien

Une étude italienne portant sur 667 personnes montre que les chiens sont plus efficaces que les scientifiques pour détecter les cancers de la prostate. Les chercheurs ont démontré que les chiens ont pu repérer, grâce à leur odorat, ce type de cancer dans 98 % des cas (contre 80 % pour le test classique de PSA). Depuis 2011, de multiples rapports ont prouvé que l’odorat du chien est supérieur aux scientifiques pour les tests de dépistage du cancer de la vessie, des poumons ou des intestins. Même si on peine à savoir ce qui l’alerte, l’odorat du chien confirme que le canidé est décidément le meilleur ami de l’homme.