Les bonnes graisses anticancer

L’action des oméga 3 fait régulièrement l’objet de controverses. Pourtant les nombreuses études publiées montrent que, sur ce sujet, il y a plus de certitudes que de doutes. De façon plus large, les acides gras polyinsaturés ont tout à fait leur place dans la lutte contre le cancer.

 

Si vous êtes un lecteur assidu de ce journal, vous savez déjà que les acides gras se divisent en trois grands groupes : les acides gras saturés (AGS) très présents dans les graisses animales ; les acides gras mono-insaturés (AGMI), dont le chef de file est l’acide oléique, majoritaire dans l’huile d’olive ; et les fameux acides gras polyinsaturés (AGPI) qui eux-mêmes se subdivisent en oméga 3 et oméga 6.

Dans cette catégorie, la question n’est pas seulement d’envisager les propriétés des oméga 3 et des oméga 6, mais leur répartition. On estime que le rapport oméga 3/oméga 6 devrait être d’environ 1 pour 4. Or, dans notre alimentation moderne, la majorité de la population a dans son assiette un rapport de 1 oméga 3 pour 20 oméga 6. Oui, nous absorbons vingt fois plus d’oméga 6, ce qui – les études sont formelles – joue un rôle majeur dans le développement des cancers. Il faut donc réduire notre consommation d’oméga 6 : supprimer les margarines, supprimer pour nos assaisonnements, les huiles de tournesol ou de maïs, réduire les aliments industriels (pâtisseries, chips, biscuits apéritifs, etc.), limiter les viandes grasses et éviter la peau des volailles.

 

Prévenir cancer et récidive

Il faut augmenter la consommation d’oméga 3 :

Privilégier pour les assaisonnements les huiles de colza bio et de première pression à froid, ou de noix, ou mieux encore l’huile Kousmi’life qui propose un rapport oméga 3/oméga 6 de 1 pour 4. Une cuiller à soupe par jour apporte 100 % des besoins en oméga 3 d’origine végétale. Par ailleurs, ajouter de l’huile d’olive en fonction des besoins.

Manger régulièrement du poisson (deux à trois fois par semaine). Parmi les poissons gras (une fois par semaine), les sardines en boîte à l’huile d’olive (100 g par semaine et par personne) restent une valeur sûre. On ne fera pas une consommation excessive de thon à cause de sa teneur potentielle en métaux lourds. De même, attention au saumon d’élevage auquel on préférera un saumon sauvage ou issu d’élevage bio. Ceux qui n’aiment pas le poisson prendront régulièrement des capsules d’huile de poisson.

En plus de respecter un bon rapport oméga 3/oméga 6, il convient de choisir des lipides de qualité (ils doivent représenter 30 % de notre alimentation) et d’éviter de les chauffer. On choisira de manger :

10 grammes de beurre cru le matin, même quand on a du cholestérol ; un peu de fromage pour le calcium, mais sans excès ; 6 œufs par semaine en moyenne ; un peu de charcuterie (les graisses du porc sont les moins mauvaises et ne contiennent pas de graisses trans car le porc n’est pas un ruminant) ; et, de temps en temps, une pâtisserie maison à base de beurre bio.

 

En cas de cancer déclaré

La priorité aux oméga 3 sera adaptée aux traitements. En plus des conseils diététiques exposés plus haut, je conseille :

Pendant les chimiothérapies, une supplémentation en oméga 3 de poisson (2 capsules matin et soir, en général), sauf les jours où les nausées seraient trop fortes. Sachez que, pour bénéficier au maximum de leurs propriétés anti-inflammatoires, il est préférable de les consommer le matin.

Pour les radiothérapies, en revanche, il est important d’arrêter toute supplémentation en oméga 3 un mois avant. Remplacer les capsules d’huile de poisson par des capsules d’huile de foie de requin (en savoir plus) riches en alkylglycérols. Favoriser l’huile d’olive.

À la fin des radiothérapies, reprendre la supplémentation et la consommation d’aliments riches en oméga 3 et y associer l’huile de bourrache pour son action sur la peau souvent agressée par les rayons.

Après les traitements hospitaliers, la supplémentation dépendra de chaque personne et surtout de sa capacité à bien équilibrer son alimentation.

 

Pourquoi il faut éviter les graisses trans

Les graisses trans cumulent les défauts de toutes les autres : une molécule rigide comme les graisses saturées et une tendance élevée à l’oxydation comme les graisses insaturées. Les études sont formelles, les graisses trans sont une des sources majeures de maladies cardiovasculaires, mais aussi et surtout de cancers : les personnes qui en consomment beaucoup ont deux fois plus de risque d’en développer un. 

Nous savons que la consommation de graisses trans ne devrait pas dépasser les 2 %. Or, dans les pays industrialisés, celle-ci est plus souvent supérieure à 5 % et atteint même 12 % chez les adolescents américains  !

On trouve surtout des graisses trans dans les aliments contenant de l’huile végétale cuite ou hydrogénée et les laitages de ruminants. Puisque les graisses trans les plus fréquentes proviennent d’huiles végétales riches en oméga 6 et chauffées, ces  aliments contiennent aussi beaucoup d’oméga 6 : c’est le cas des pâtisseries et  biscuits industriels, pains de mie, biscottes, soupes déshydratées, laitages gras.