L’approche Beljanski confirmée aux États-Unis

Mirko Beljanski, biologiste moléculaire décédé en 1998, a proposé un nouveau paradigme pour comprendre l‘ADN, la cancérogenèse et la virologie. Très controversé, politiquement incorrect, il sera condamné par la justice en 1994 pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie. Il est aujourd’hui scientifiquement reconnu, notamment aux États-Unis.
 

Nul n’est prophète en son pays ! 

Un adage qui s’applique parfaitement à Mirko Beljanski, même seize ans après sa mort. Car depuis une petite décennie, les États-Unis redécouvrent ce singulier biologiste moléculaire français d’origine serbe qui a travaillé pendant près de trente ans à l’Institut Pasteur, mais dont la France a fermé le laboratoire en 1996 à coup de CRS. 
Une Amérique férue de médecine intégrative, où des instituts reconnus proposent aux patients des traitements complémentaires à la médecine classique, comparables à ceux reçus par François Mitterrand à la fin de son second mandat pour retarder une mort imminente.

Une cancérogenèse singulière

Travailleur exigeant, aux intuitions singulières sur le fonctionnement de l’ADN, Beljanski a abouti à des applications autour de deux domaines clés : les cancers et les maladies virales. Auteur d’une thèse sur la résistance des bactéries aux antibiotiques en 1949, il a étudié le cancer et « nous a offert des clés majeures », estime Hervé Janecek, biologiste et auteur d’ouvrages sur Beljanski, « car il a repensé totalement l’ADN » dans le cadre de son rôle sur la multiplication anarchique des cellules. « Son génie a été de découvrir que l’ADN d’une cellule peut être seulement endommagée, et qu’il n’est pas nécessaire qu’il ait subi une ou plusieurs mutations comme on le croyait. Il a constaté que la double hélice d’une cellule en passe d’être cancéreuse pouvait progressivement devenir plus lâche, prête à amorcer une rapide division », résume-t-il. Ainsi distendu, ce brin de l’hélice peut devenir une cible pour des polluants de tout ordre (goudrons, hormones, virus, produits toxiques…). 
En 2008, un docteur ès sciences américain, Donald Malins, a confirmé cette vision, démontrant après essais les altérations de forme que subissent les ADN avant même que des mutations surviennent.
Beljanski est donc désormais reconnu comme un précurseur de la médecine environnementale, car on sait aujourd’hui que seuls 8 % des cancers sont exclusivement d’origine génétique ; les autres sont liés à des composants complexes et multiples qui peuvent déstabiliser l’ADN de façon progressive et cumulative. Une vision qui, par certains aspects, se rapproche de celle du professeur André Gernez, qui entendait tuer dans l’œuf les embryons de malignité par ses cures annuelles.

Une protection sélective de l’ADN

Mais les travaux de l’iconoclaste biologiste n’en sont pas restés à une simple observation de ces doubles brins d’ADN. « En testant divers composés, il a constaté que certains extraits étaient capables de stabiliser les ADN trop ouverts. C’est ce qu’il a appelé des molécules verrous qui se collent à la cellule », rappelle Janecek. 
Ainsi verrouillée, la cellule ne peut plus poursuivre son funeste destin en se multipliant. « Ce travail est d’autant plus notable, insiste Janecek, que Beljanski a trouvé des molécules qui pouvaient toucher sélectivement les ADN endommagés, sans s’attaquer en même temps aux cellules saines ayant des ADN stabilisés ». Un travail rendu possible grâce à la conception d’un appareil de mesure in vitro, l’Oncotest. 
Opiniâtre, il aura travaillé sur des centaines d’espèces végétales pour n’en sélectionner que quelques-unes, dont le Pao pereira et le Rauwolfia vomitoria. Ces dernières années, diverses études américaines (cf. fin de l’article) ont confirmé que chacun de ces deux extraits améliorait grandement les effets des chimiothérapies, les multiplications anarchiques étant bloquées.

Une connaissance nouvelle de l’ADN

Une protection renforcée de l’immunité fait également partie des applications des recherches de Beljanski. Pour mieux compren­dre, il faut se souvenir que la biologie du vivant exige de multiples et incessants échanges d’informations. L’ADN donne ses informations à l’ARN, qui la transmet à son tour aux protéines. 
Mais il peut y avoir informations réciproques de l’ARN vers l’ADN grâce à une protéine appelée transcriptase inverse, alors que l’on croyait jusqu’alors que l’ADN était l’unique source d’information et seul donneur d’ordres. Avec cette trouvaille, Belanjski signe son arrêt de mort scientifique et braque contre lui l’establishment. 
L’histoire lui donnera raison. Appliquée cette fois aux virus, la découverte de cette transcriptase inverse vaudra à un Américain, le professeur Howard Temin, une reconnaissance éclatante de l’académie des Nobel en 1975. Temin admettra publiquement, dix-sept ans après, l’antériorité du travail de Beljanski appliqué aux bactéries.

Copier la nature pour mieux défendre l’immunité

Si Beljanski démontra la transcriptase inverse appliquée aux bactéries, il a surtout mis au point ce qu’il dénomma les ARN fragments. Toujours physiologiques, mais conçus cette fois à partir de l’ARN de bactéries de l’intestin humain et d’enzymes du pancréas (et non à partir de plantes), ces ARN fragments ont prouvé leurs effets sur le système immunitaire en général. « Mirko s’est inspiré de la nature pour créer ces catalyseurs spécifiques des ADN de la moelle osseuse », résume son épouse Monique Beljanski. « Car, en bonne santé, l’organisme sait fabriquer son immunité. Mais en situation dé­faillante, notamment quand l’organisme est soumis à des traitements lourds, le système est épuisé ». C’est sous le nom de Real Build que l’on connaît aujourd’hui ces ARN fragments, qui permettent de stimuler la production de globules blancs (leucocytes) ainsi que des plaquettes.

De l’efficacité du Pao en virologie

- Dernière application de ses recherches : les maladies virales.

Tout a commen­cé avec le sida, quand un ancien maître-nageur contaminé, Gérard Weidlich, se tourne vers lui au milieu des années quatre-vingt. 
Aucun traitement n’existe alors. Mais le médecin traitant de Weidlich connaît le biologiste iconoclaste et ses découvertes sur le Pao pereira. « Ce qui veut dire qu’il ôte aux virus ARN la possibilité de s’intégrer et se multiplier dans la cellule hôte. 
Or le sida est un virus ARN », précise Monique Beljanski, qui se souvient aussi que « Mirko se fait prier » avant d’accepter. 
Il finit par fournir à Weidlich un traitement dont il constatera les effets après seulement trois semaines, ses maladies opportunistes disparaissant. Il survivra vingt-deux ans à ce sida déclaré. D’autres cas suivront, notamment un essai clinique réalisé à Montpellier par le Dr Daniel Donadio. Il montrera que la prise de Pao permet un changement du rapport T4/T8, variété particulière des globules blancs abîmés par le virus. Aujourd’hui, le Pao pereira est souvent pris en complément des trithérapies.


Des procès d’intention récurrents

Mais tout cela doit se faire un peu en secret. « Faute d’AMM, puisqu’on nous a subtilisé tous nos dossiers en préparation lors de l’arrestation de Mirko en 1996, nos produits ont finalement été labellisés aux États-Unis comme compléments alimentaires distribués par Natural Source Ltd. Mais si le nombre de médecins qui les conseillent en France est passé de cinq il y a trente ans à plus de cent, ils ne peuvent que conseiller, et non prescrire ». Business oblige ? « Oui », s’insurge-t-elle, « car cancer, sida et tant d’autres rapportent trop gros aux industries pharmaceutiques ».

Une recherche enfin reconnue

Cependant, la mémoire du chercheur, autrefois menotté comme un vulgaire escroc, commença à être réhabilitée dès 2002, quand la Cour européenne des droits de l‘homme condamna la France pour avoir porté atteinte à sa réputation. Plus tard, le Professeur Montagnier, spécialiste du sida, lui rendra hommage, tandis que, de leur côté, Howard Temin et David Baltimore, consacrés pour leurs découvertes sur la transcriptase reverse chez les virus, reconnaîtront l’antériorité du travail de Beljanski sur la question.
Mais ce sont diverses études récentes faites aux États-Unis qui valident désormais sa pertinence. L’Université Columbia, l’université du Kansas et le CTCA (Centres de traitement des cancers d’Amérique) ont confirmé que le Pao pereira et le Rauwolfia vomitoria amélioraient grandement les effets des chimiothérapies. Des études ont été publiées sur les cancers de la prostate, des ovaires, mais aussi du pancréas, l’un des plus redoutés. 
La reconnaissance des produits Beljanski est telle que certaines contrefaçons circulent. Au grand dam de Monique Beljanski, qui rappelle que « les extraits et les dosages doivent être très spécifiques pour être efficaces »

Le désarroi exploité

Attention désinformation ! On ne se transforme pas aisément en oncologue ou autre spécialiste. Surtout pas en période de maladie déclarée. Alors que dire des médias « grand public » rajoutant à la confusion ? Exemple, « Le Magazine de la santé » sur France 5, qui avançait récemment une série de contre-vérités : la non-publication des travaux Beljanski (alors que 133 communications ont été faites entre 1945 et 1996) ; l’absence d’informations sur la composition des produits (alors que vingt brevets ont été déposés) ; le fait que Beljanski aurait interdit aux patients de poursuivre leurs traitements classiques (alors qu’il s’est contenté de dire que l’AZT était dangereux, ce qui a été confirmé depuis). « Beljanski, héros ou escroc ? », était le titre de cette rubrique sur une TV du prétendu service public. L’escroquerie ne se niche pas forcément où l’on croit…

Des produits et des hommes

Chaque année, en septembre, des anciens patients se réunissent en France sous l’égide du CIRIS pour témoigner. Une revue, Dialogue, reprend leurs données sur les types de cancers soignés (pancréas, sein, prostate, œsophage, mâchoire…), les années de recul pour parler de guérison ou de rémission (huit, quinze voire trente ans), et les produits (Pao V, Rovol V, Ginkgo, Real Build…). L’identité complète de ces patients ainsi que leur téléphone sont rendus publics à l’usage des plus sceptiques.

  • Pour toute information : 
    CIRIS (Centre d’information sur les recherches et l’innovation scientifique)
    04 74 56 58 00