L’adénome prostatique est une augmentation de la taille de la glande. On nomme cela «hypertrophie bénigne de la prostate», par opposition au cancer prostatique. Elle touche près d’un homme sur trois et commence à se développer après l’andropause, c’est-à-dire vers la cinquantaine. Ce n’est pas une maladie en soi mais un trouble fonctionnel. Alors que la prostate ne grossit pas entre la puberté et l’andropause, elle commence à prendre du volume par la suite et peut provoquer des troubles urinaires entre 60 et 70 ans.
Symptômes et diagnostic
Le prostatisme est associé à des besoins impérieux d’uriner, notamment la nuit, à une gêne plus ou moins marquée à la miction, faiblesse du jet et envie d’uriner encore après la miction car la vessie ne se vide pas correctement. Il reste un résidu lié à la compression du bas-fond vésical par la prostate. Tout cela traduit la compression du canal de l’urètre par la prostate.
Le diagnostic est établi par échographie même si les signes liés à la compression ne se voient pas toujours avec un gros adénome, car cela dépend s’il se forme près du canal de l’urètre ou plutôt vers la périphérie prostatique.
Le diagnostic s’établit également par dosage du PSA. Ce marqueur spécifique doit être associé à la mesure du rapport PSA libre / PSA total pour éliminer une cause maligne ; en effet, si le PSA total est augmenté au-delà de 4 et avec un pourcentage bas de PSA libre, on doit suspecter un cancer de la prostate. Toutefois, le cancer n’est pas la conséquence de l’adénome et d’ailleurs, en général, un cancer ne donne pas de troubles urinaires.
L’adénome de la prostate peut se compliquer d’inflammation (prostatite) et, dans certains cas exceptionnels, il peut provoquer une obstruction réflexe avec rétention d’urine. Cette évolution est due soit à une infection soit à la prise de certains médicaments. Les dérivés de l’atropine peuvent ainsi aggraver l’adénome, notamment les antidiarrhéiques, certains antidépresseurs, certains antihistaminiques, antispasmodiques, antiparkinsoniens et neuroleptiques. Les tranquillisants également sont parfois mis en cause.
Les précautions à prendre
Il est conseillé de suivre des règles d’hygiène simples, en commençant par le maintien d’une activité physique régulière. Toutefois, certains sports pratiqués trop intensivement et qui bousculent le plancher pelvien (vélo et équitation) peuvent aggraver l’adénome. Il faut conserver une activité sexuelle mais éviter les sollicitations qui pourraient ne pas être ensuite satisfaites. L’état de manque pouvant au contraire aggraver l’adénome. De même, il faut éviter de se retenir longtemps quand on a envie d’uriner et ne pas boire trop le soir. Ce qui enfin peut aussi aggraver l’adénome, c’est l’alcool, le café et les produits riches en caféine, le cola, les excitants et les épices.
Les traitements
Il n’y a pas en règle générale de traitement naturel qui puisse faire régresser l’adénome, mais on peut le stabiliser. Donc pour en ralentir le cours, il vaut mieux commencer par agir avant les signes de gêne urinaire.
Phytothérapie et complément alimentaire
Les plantes médicinales utiles pour diminuer les troubles ont fait leurs preuves depuis longtemps.
- Il s’agit du palmier nain de Floride, Serenoa repens dont le nom botanique est Sabal serrulata : il peut être pris à la dose de 50 gouttes matin et soir en teinture mère homéopathique.
- En complément, prendre Œmine Andro, association de capsules d’huile de graine de courge agissant comme décongestionnant prostatique et de gélules composées de grande ortie qui améliore les troubles urinaires et d’extraits de lin à action antiandrogène. Le lin, dans plusieurs études, a été évoqué comme préventif de l’adénome et du cancer de la prostate : faire des cures régulières de 3 mois avec 1 capsule le matin et 1 gélule le soir avec pause de quinze jours entre chaque pendant plusieurs trimestres. En cas de gêne plus marquée, doubler la dose.
Homéopathie
- En cas de gêne à la miction, sucer Belladona 15 CH, 5 granules au lever, et Myrica 4 CH, 5 granules au coucher.
- Contre l’adénome lui-même, prendre Prostate 15 CH : 5 granules le matin en période de gêne ou 1 dose une fois par semaine pendant plusieurs mois. Dans tous les cas, il faut poursuivre cela longtemps.
- En cas de trouble aggravé, l’indication chirurgicale est portée par l’urologue. Il y a diverses interventions. Soit l’adénomectomie transvésicale ; cette intervention chirurgicale, réservée aux très gros adénomes de plus de 80 grammes, vise à enlever la totalité de l’adénome tout en conservant la prostate. Soit la résection transurétrale qui permet d’élargir le conduit urinaire en faisant un rabotage interne de l’adénome. C’est une intervention plus simple et courante. Mais elle peut se compliquer de fuites urinaires.
Dans tous les cas il vaut donc mieux agir en amont et sans attendre l’aggravation.
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